22 Octobre 2007

Mme Sadako Ogata, Présidente de la JICA
L'assistance du Japon aux nations en développement doit refléter son rang de deuxième puissance économique mondiale et le peuple japonais doit être encouragé dans son soutien pour une augmentation de l’aide, a déclaré Mme Sadako Ogata, Présidente de la JICA.
Mme Ogata a également déclaré le 18 octobre, lors d'une conférence de presse, que l'aide humanitaire aux personnes les plus défavorisées du Myanmar devrait se poursuivre malgré l'agitation civile qui s’est produite récemment dans le pays, et que le monde ne devrait pas ignorer les problèmes actuels en Afghanistan, et notamment la nécessité d'éduquer les filles dans ce pays.
Mme Ogata a récemment été reconduite dans ses fonctions pour un second mandat de quatre ans comme Présidente de la JICA et elle a utilisé la conférence de presse afin de mettre en relief les progrès réalisés durant les quatre dernières années et de discuter des défis futurs, dont la fusion entre la JICA et la Banque Japonaise pour la Coopération Internationale (Japan Bank for International Cooperation : JBIC) qui devrait être achevée en octobre 2008, avec la création d’une nouvelle JICA.
Un des plus formidables défis sera de maintenir et même d'augmenter l'aide publique au développement (APD) du Japon, a-t-elle dit, et de faire un usage plus efficace des ressources en renforçant la JICA et en travaillant de façon plus étroite avec les différents partenaires concernés, parmi lesquels la Banque Mondiale, les donateurs internationaux et les organisations non gouvernementales (ONG) japonaises.
Mme Ogata a fait remarquer que l'APD du Japon avait diminué de 40% durant les dix dernières années et que le pays se plaçait à présent derrière les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, et qu'il serait bientôt à la traîne derrière l'Allemagne et la France.
Elle a préconisé de manière constante un programme APD fort, et déclaré que les montants devaient refléter la position du Japon en tant que seconde puissance mondiale. Afin d'inverser cette spirale à la baisse, les contribuables japonais devraient être encouragés, a-t-elle dit, à montrer un intérêt plus prononcé envers l'aide au développement et ainsi que les bénéfices à long terme reçus, non seulement par les pays pauvres mais également par le Japon, grâce à cette ligne d’action.
L'aide au Myanma
Pour ce qui est de l'assistance au Myanmar, Mme Ogata a répondu à une question en disant qu'un grand nombre de personnes de ce pays avaient un besoin urgent d'aide afin d'éviter de tomber dans une encore plus grande pauvreté et que l'aide humanitaire devrait être poursuivie malgré les mesures restrictives prises par le gouvernement contre les bonzes et les dissidents.
Bien que l'Afghanistan soit moins remarqué aujourd'hui dans le monde que par le passé, Mme Ogata a vivement demandé aux donateurs de ne pas oublier ce pays, et en particulier les besoins actuels d'aide en matière d'éducation des jeunes filles afghanes.
Durant son premier mandat en tant que Présidente de la JICA, des progrès majeurs ont été accomplis, a-t-elle déclaré, afin que l'organisation puisse apporter une meilleure réponse aux besoins sur le terrain, pour ce qui est de l'importance de la sécurité humaine et le rôle accru des communautés individuelles durant les projets, ainsi que sur une meilleure "compétence, efficacité et vitesse".
Mme Ogata a déclaré que la JICA était d’ores et déjà parvenue à une augmentation de 10 pour cent de l'efficacité de ses projets, dont une réduction des dépenses pour l'approvisionnement en équipements et des coûts administratifs du siège.
La prochaine fusion avec la JBIC permettra à la "Nouvelle JICA" d'offrir pour la première fois un "service regroupé" pour l'aide au développement, puisque l'organisation sera à même de fournir l'assistance technique, l'assistance par crédits et l'aide financière non remboursable "sous un seul et même toit".
La Banque Mondiale et les Nations Unies, a-t-elle dit, ont suivi avec attention cette fusion et une collaboration plus étroite avec ces deux organismes ainsi qu'avec d'autres organisations "s'avérera de plus en plus importante" dans le cadre de l'aide internationale.
Mme Ogata a décrit certaines régions du monde où cette approche plus intégrée était d’ores et déjà mise en œuvre. Ces régions incluent la province agitée de Mindanao aux Philippines où la JICA s'est engagée à la fois dans des projets dits d’impact rapide, tout en développant également un plan global pour la région.
L'aide à l'Afrique
En Afrique, le schéma des "Postes frontières à un seul arrêt" a déjà produit des réductions considérables des coûts économiques en permettant aux gouvernements et aux organisations de déplacer leurs produits et leurs équipements plus rapidement et plus efficacement, grâce à ces nouveaux postes frontières qui sont plus intégrés et plus efficaces que ceux utilisant les anciennes procédures de passage des frontières.
Mme Ogata a également déclaré qu’une quatrième Conférence Internationale de Tokyo sur le Développement Africain (TICAD IV) aurait lieu au Japon en mai 2008, afin de mettre l'accent sur l'accélération de la croissance, la sécurité humaine, l'environnement et les changements climatiques.
Cette rencontre, de pair avec le sommet des huit qui aura lieu par la suite au Japon, aidera à souligner les attentes du monde vis-à-vis de l'aide du Japon aux pays en développement.
L'année prochaine sera également le point médian des projets ambitieux des Objectifs du Millénaire pour le développement des Nations Unies dans lesquels le Japon s'est engagé sur l'honneur dans des domaines comme la réduction de la pauvreté et l'amélioration de l'éducation, ainsi que les soins de santé et de maternité pour les populations les plus pauvres de la planète.