Japan International Cooperation Agency
Share
  • 日本語
  • English
  • Français
  • Espanol
  • Home
  • About JICA
  • News & Features
  • Countries & Regions
  • Our Work
  • Publications
  • Investor Relations

Événement

9 novembre 2018

Acquis de mes activités
Mlle Soyoka FUJII, volontaire pour le développement communautaire, affectée au LWF (The Lutheheran World Federation) de janiver 2017 à janvier 2019

Depuis quelques années, les média du monde entier traitent le sujet des réfugiés et il est devenu un des enjeux les plus importants de la société internationale du 21e siècle. Leurs nouvelles sont guère optimistes et leurs images que nous nous faisons d'après ces média sont généralement sombres. C'est avec ces réfugiés que je travaille en première ligne en tant que volontaire.

La République de Djibouti connu comme le pays le plus chaud du monde accueille des réfugiés. Dans ce milieu naturellement très austère vivent environ 27 mille réfugiés qui s'y sont déplacés ou exilés principalement des pays voisins comme la Somali, l'Erythrée, l'Ethiopie et le Yémen. Ils vivent dans 4 différents sites à l'intérieur de ce petit pays et à peu près 16 mille d'entre eux séjournent à Ali-Addé. Dans ce site et à la capitale, j'assiste les femmes réfugiées dans leurs activités génératrices de revenus en leur offrant des formations techniques et des occasions de vente de leurs produits artisanaux.

Avant mon affectation, j'avais des images négatives sur les réfugiés; j'imaginais qu'ils vivaient dans un camp manquant d'infrastructures et de services sociaux et que tout le monde y en soufrait. Mais au cours de mes activités, mon préjugé s'est totalement dissipé.

Le site d'Ali-Addé, ouvert depuis plus de vingt ans, dispose d'un hôpital, d'écoles, de terrains de jeux, de magasins, de restaurants, de salles de formation, etc., grâce aux efforts des réfugiés et aux aides des bailleurs de fonds. Les habitants peuvent y utiliser l'électricité, quoique pour une durée limité, et se procurer de l'eau minéral en plus de l'eau des puits. Les jeunes peuvent même communiquer avec le monde extérieur en se servant d'applications de dernier cri avec leurs smartphones, ce qui m'a à la fois surprise et intéressée car cela montre qu'en utilisant la technologie informatique, on peut facilement changer un milieu aussi fermé soit-il.

Photo

Contrairement à ce qu'on imagine, il existe, même chez les réfugiés, des faussés entre riches et pauvres; selon leurs situations de départ, les niveaux de vie sont très différents des uns et des autres. Ceux qui ont été scolarisés ou formés en certains métiers dans leur pays d'origine peuvent gagner leur vie dans leur site ou à la capitale en se servant de leurs connaissances et ceux qui ont des familles aisées à l'extérieur peuvent recevoir leurs aides. Par contre, les mères célibataires et ceux qui n'ont pas reçu d'éducation ou n'ont pas d'expériences professionnelles ne peuvent compter que sur ce qu'on leur distribue; cette précarité les rend plus pauvre et solitaire, et cet état de stress les mène à l'abandon des enfants ou à des maladies mentales sévères.

Néanmoins, même ceux dans les situations lésées peuvent avoir de l'espoir dans le site. Par exemple, à travers les formations professionnelles à laquelle j'interviens, 77 femmes de tout âge, dont 65 à Ali-Addé et 12 à Djibouti, s'attèlent à la fabrication de produits artisanaux dans l'espoir d'une meilleure vie, en apprenant de zéro les techniques nécessaires. La plupart des femmes réfugiées sont analphabètes et ne savent pas calculer car elles n'ont pas eu d'éducation dans leur pays natal. Elles ont du mal à compter des articles ou de l'argent et à écrire des chiffres ou même leurs propres noms, ce qui les handicape énormément pour n'importe quel travail. A ce sujet, grâce aux soutiens de plusieurs volontaires successifs de la JICA, elles sont maintenant capables d'écrire et même une d'entre elles arrive à tenir le cahier de compte. A force de travailler tous les jours, elles font des progrès visibles. En fait, la préparation du cadre pour les former nous a pris beaucoup de temps et d'effort mais ces femmes avaient la volonté si forte d'apprendre et de travailler pour leur famille qu'elles sont parvenues à avoir des gains de leurs propres activités.


Photo

La situation qui entoure les réfugiés change tous les jours et mes activités pour les femmes doivent être adaptées aux mouvements des réfugiés et au gré des programmes d'aide; les unes quittent Djibouti subitement pour leur pays ou un pays tiers et les autres renoncent à leur formation faute de matériel. Cette condition difficile de travail sur le site, tout de même, me pousse sans cesse à aller plus loin. Parlons des enfants des femmes qui suivent la formation professionnelle; sans doute en se rendant compte de leur situation vu la position de leurs parents, ils s'efforcent chacun plus que les autres d'acquérir des connaissances utiles et de s'appliquer aux études pour pouvoir soutenir leur famille dans l'avenir. Leur attitude de lutter pour les autres contre toutes les difficultés m'incite et me motive. L'invention de nouveaux produits, l'exploitation des débouchés, l'amélioration de taux d'alphabétisation, la formation sur l'utilisation de machine à coudre, etc... en introduisant les différentes approches de soutien, j'ai fixé successivement les nouveaux objectifs. Et à chaque fois qu'un objectif est atteint, j'ai eu à la fois la joie et le plaisir de penser à ce que je pourrais faire encore pour ces femmes.

Malheureusement, la durée de ma mission est limitée. Toutefois, je suis sûre que je continuerai à rester en relation avec des réfugiés. Les problèmes complexes des réfugiés ne se résoudront pas du jour au lendemain. Comme les média nous rapportent, il existe, en effet, la situation tragique pour les réfugiés et le rapport problématique avec eux pour les djiboutiens, également, mais il faudrait que nous comprenions, d'une manière globale, ce que sont réellement ces problèmes et pourquoi ils se produisent, au lieu de les saisir d'une manière partielle et toujours négative. Ayant la chance de travailler pour ces réfugiés, avec qui les japonais ont très peu de rapport, je voudrais leur faire connaître la réalité dans laquelle vivent ces réfugiés à travers mes activités et je voudrais également creuser encore plus leurs problèmes jusqu'au terme de ma mission de sorte que je puisse continuer à m'y impliquer après mon départ de Djibouti.

PAGE TOP

Copyright © Japan International Cooperation Agency