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Remarks

20 Février, 2008

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Situation actuelle et perspective du développement de l'Afrique du point de vue de la sécurité humaine

Discours de Mme Sadako Ogata au siège de la Commission de l’Union africaine

Le signe de l'accroissement de l'autonomie africaine
(Mots-clés : croissance économique, diminution des conflits, progression sur la voie de l'autonomie)

Monsieur Patrick Mazimhaka, Vice-Président de la Commission de l'Union africaine, Mesdames et Messieurs,

Je suis heureuse d'être ici, aujourd'hui, et d'avoir l'occasion de partager avec vous ma vision du développement africain.

Ma longue association avec le continent africain a commencé dans les années 1990, en tant que Haut Commissaire pour les réfugiés des Nations unies, mais, depuis cette période agitée, la tendance est à une diminution générale des conflits. Sur le front économique, également, la situation s'est améliorée avec une croissance moyenne d'environ 5 % pour le continent. Je reconnais que l'Afrique a réalisé des progrès constants.

Avant de venir à Addis-Abeba, je suis allée au Soudan, et s'il est vrai que je juge toujours la situation au Darfour préoccupante, je peux cependant confirmer des avancées tangibles sur la voie de la paix et de la stabilité dans le sud du Soudan.

L'Afrique montre depuis peu le fort désir de résoudre ses propres problèmes à travers les activités de la Mission de l'Union africaine au Darfour et de la médiation menée par l'Union pour régler la crise politique au Kenya. Quelques petites années seulement auront suffit pour que l'UA passe d'une approche traditionnellement fondée sur la « non ingérence » dans les affaires des états membres à une attitude de « non indifférence » en s'efforçant activement de résoudre les problèmes du continent. Je ne peux que saluer vivement une telle approche.

L'Afrique s'efforce de réaliser les potentialités considérables de ses propres populations avec le développement autonome. Lorsque je me suis rendue en République démocratique du Congo, en 2006, j'ai été impressionnée par le fait que ce pays s'était attelé de façon concertée avec l'ONU aux vastes problèmes de reconstruction en s'appuyant sur le concept de «sécurité humaine ». Bien que je n'en reste pas moins préoccupée par la situation dans la province du Nord Kivu, j'ai appris la mise en œuvre prochaine dans la région de l'Ituri, d'un projet de reconstruction axé sur le principe de « sécurité humaine » qui souligne l'autonomisation des communautés locales et de la population.

Toutefois, même si l'Afrique a mené à bien ces changements importants, le continent n'en demeure pas moins fragile et il reste beaucoup à faire. C'est dans ce contexte que j'aimerais expliquer le rôle de la JICA dans l'orientation future du développement africain, soulignant l'autonomie fondée sur le concept de sécurité humaine.

Present Condition and Issues of Africa
(Mots-clés : croissance économique durable, réduction de la pauvreté)

La pauvreté en hausse constitue peut-être une menace plus grande pour l'évolution de l'Afrique que les conflits ou le terrorisme, même s'il faut aussi faire face à ces derniers. Les progrès dans la fourniture de services sociaux comme l'éducation de base, la santé, et l'approvisionnement en eau qui s'appuient sur la stabilisation macroéconomique depuis la fin des années 1990, sont encourageants. L'Afrique a enregistré une croissance économique soutenue, tirée en partie par la flambée des prix du pétrole, mais aussi par l'expansion des activités économiques. De ce fait, la croissance économique durable s'inscrit désormais dans les politiques de la deuxième et de la troisième génération de CSLP jusqu'alors exclusivement axées sur le secteur social. En 2003, lors de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD), le gouvernement japonais a également mis l'accent sur la réduction de la pauvreté par la croissance économique comme composante de sa politique d'APD. Durant les années qui se sont écoulées entre-temps, beaucoup de pays africains ont affiché une croissance économique moyenne de 5 %, bien supérieure à la moyenne internationale.

Pour l'Afrique, le défi consiste à assurer une croissance économique viable relevant de l'appropriation africaine. Une aide internationale opportune à l'Afrique favorisera tant la stabilité politique qu'une réelle croissance économique.

L'expérience de l'Asie et le développement de l'Afrique

Ces dernières années, les pays africains ont pris conscience des résultats exceptionnels de ce qui a été appelé le « miracle économique » asiatique, des enseignements qu'il serait possible d'en tirer, et de la manière de les adapter à ce continent.

adapter à ce continent. étant donné que les pays d'Asie deviennent des partenaires économiques de l'Afrique par le biais des échanges, de l'investissement, et de l'aide au développement, le continent est impatient d'exploiter ces liens et d'apprendre les leçons de réussites asiatiques—par exemple le rôle vital joué par le secteur privé dans la promotion d'un climat d'investissement dynamique et l'importance de l'APD dans la modernisation de l'infrastructure économique. Il est également important pour les pays africains d'accorder une attention particulière aux faits historiques lorsqu'ils déterminent la stratégie économique--- notamment de réexaminer des facteurs tels que le « rôle de la gouvernance des institutions », la « distribution des revenus », et le « développement durable ». C'est dans ce contexte que la JICA continue des recherches sur l'expérience asiatique par l'échange d'opinions avec des experts et des économistes asiatiques et africains, afin d'être en mesure, par la suite, de transmettre l'impact positif de ces résultats à d'autres régions, telles que l'Afrique.

Orientation du développement africain soutendu par le concept de sécurité humaine
(Mots-clés : sécurité humaine, changement radical, postes frontières à un seul arrêt, Michinoeki)

Mesdames et Messieurs, depuis le début du millénaire, l'Afrique attire l'attention sur la nécessité d'améliorer les besoins essentiels de l'être humain indiqués dans les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Depuis peu, l'approche du développement cible désormais les différents aspects de la croissance, dont la modernisation de l'infrastructure. Dans la sphère de l'aide à l'infrastructure, l'action ne se limite plus au seul soutien matériel mais intègre aussi un appui intellectuel à la population. Au vu de cette évolution, la JICA met l'accent sur une approche équilibrée du développement de l'infrastructure dans le cadre du NEPAD. La JICA appuie la promotion du développement régional en Afrique en améliorant la situation aux points de passage frontaliers entre les pays. Ceci suppose non seulement d'améliorer les routes et d'alléger les formalités aux frontières, mais aussi de rendre meilleures les conditions de vie des communautés locales et des travailleurs.

Permettez-moi de vous citer un projet d'amélioration des routes et des transports entre le Kenya et la Tanzanie intégrant le concept de « postes frontières à un seul arrêt ». La durée du dédouanement est considérablement réduite par la standardisation des procédures douanières et le renforcement des compétences des agents des douanes à ce poste frontière. Afin d'éviter la propagation du VIH/sida dans les communautés environnantes, le projet inclut aussi des activités pour davantage sensibiliser à cette maladie les chauffeurs qui séjournent plus longuement dans la région frontalière.

Ici, j'aimerais examiner un peu plus avant le concept majeur de sécurité humaine dans le cadre du développement africain. La mondialisation, dont les effets positifs sont indéniables, a aussi accentué les risques de propagation des conflits régionaux, du terrorisme, et des maladies infectieuses par delà les frontières internationales. L'apparition de ces nouvelles menaces coïncide avec une prise de conscience accrue de la nécessité de recourir à des mesures et des idées inédites pour protéger et renforcer la sécurité des citoyens.

L'objectif de sécurité nationale dont l'atteinte passait par la seule sécurité de l'état ne suffit plus. En Afrique, plus d'attention doit être accordée à l'autonomisation des individus et des communautés locales pour renforcer une croissance durable, réduire la pauvreté et promouvoir une paix globale. La communauté internationale a déjà commencé à mettre en exergue le concept de sécurité humaine dans son approche de l'aide au développement. En définitive, j'ai assisté à un changement radical dans le concept de sécurité humaine durant les dix dernières années. Ce changement porte sur l'intégration de la sécurité de la population et des communautés en tant que composantes indissociables de la sécurité de l'état. Le développement doit être réalisé au niveau local, selon une approche intégrée et transversale.

à titre d'exemple, une étude effectuée le long du couloir de Nacara au Mozambique a recommandé de créer en bordure de route des installations multifonctionnelles appelées « michinoeki ». Celles-ci devraient soutenir à la fois les communautés locales et les chauffeurs par la création d'emplois, l'accès aux services publics et l'intégration régionale, parallèlement à la construction d'infrastructures. Une aide sous forme de prêts devrait être accordée suite aux résultats de l'étude. Les projets de ce type peuvent bénéficier d'une aide combinant assistance technique et prêt consenti à des conditions avantageuses.

Actions en faveur de la paix et de la sécurité en Afrique
(Mots-clés : éléments essentiels pour la paix, la justice et la coexistence)

Permettez-moi maintenant d'aborder les questions de la paix et de la sécurité en Afrique—conditions préalables essentielles au développement économique et social et à la réalisation des OMD. Les propres efforts de l'Afrique par le biais de l'Union africaine ont permis de résoudre un grand nombre de conflits de longue date et d'instaurer un certain niveau de stabilité politique. Des actions énergiques de reconstruction post-conflit et de développement doivent s'ensuivre. La JICA a déjà participé à de telles opérations dans plusieurs pays dont le Soudan, le République démocratique du Congo, le Burundi et la Sierra Leone. Poursuivre ce but, exige de respecter trois principes essentiels ;

  • 1.Un appui rapide et opportun
  • 2.L'assurance que les bienfaits de la paix atteignent la population
  • 3.La cohérence entre l'aide humanitaire et la reconstruction

L'histoire a montré que regarder le passé en face est le seul moyen de ne pas répéter les mêmes erreurs et de réussir la reconstruction. Dans ces circonstances, la justice et la coexistence sont des enjeux extrêmement importants. La JICA a organisé un colloque sur ce thème en Afrique du Sud, qui a réuni des personnes du monde entier travaillant à la construction de la paix dans les pays en situation de post-conflit. Les discussions ont fait ressortir l'importance de la justice dans les communautés locales pour assurer la réconciliation et la confiance plutôt que de restreindre les questions de justice au seul pouvoir judiciaire. La JICA a intégré ces conclusions dans ses programmes de formation destinés aux personnes engagées dans des activités en faveur de l'édification de la paix.

Conclusion—2008 année de la TICAD IV et du sommet de Toyako
(Mots-clés : TICAD IV, sommet de Toyako à Hokkaido, Nouvelle JICA, partenariat)

Permettez-moi pour conclure de remarquer que 2008 sera une année très spéciale. La quatrième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD IV) et le sommet du G8 à Toyako, Hokkaido, se dérouleront l'une et l'autre au Japon. La réunion de la TICAD en mai s'articulera autour de trois thèmes principaux :

  • 1.Accélération de la croissance.
  • 2.Instauration de la sécurité humaine.
  • 3.Actions pour combattre le changement climatique et la dégradation de l'environnement.

En ce qui concerne le troisième thème, la réponse du Japon au réchauffement se nomme « Cool Earth 50 », et vise à développer les technologies innovantes et réduire les émissions de 50 % d'ici à 2050 pour le monde entier. Pour l'Afrique, le changement climatique constitue une menace importante en raison de ses effets néfastes sur la croissance durable. Pour combattre ce danger, les projets futurs mettront l'accent sur des mesures de lutte contre les inondations, la sécheresse, la désertification et les problèmes liés à l'eau.

Les questions de développement et d'environnement seront à l'ordre du jour du sommet du G8 à Toyako, Hokkaido, qui suivra la TICAD IV. Les problèmes africains seront au centre de l'attention. Ces deux réunions se tiendront au moment même où l'Afrique aspire à diriger son propre développement. Ainsi, la JICA entend renforcer les partenariats avec les organisations internationales et les autres pays donateurs et, de leur côté, la communauté internationale et l'Afrique devront renforcer leur propre coopération pour aider à atteindre les buts du continent.

Pour terminer, des changements considérables vont se produire à la JICA même cette année. En octobre, la fusion avec la Banque japonaise pour la coopération internationale (JBIC) sera achevée et la « Nouvelle JICA » pourra alors disposer de trois instruments d'aide. La JICA sera responsable de la mise en œuvre de la coopération technique, des prêts consentis à des conditions de faveur qui sont actuellement de la compétence de la JBIC et d'une partie de l'aide financière non remboursable qui relève à ce jour du ministère des Affaires étrangères. De ce fait, l'ensemble des instruments d'APD sera regroupé « sous le même toit », et la JICA sera alors l'une des plus importantes agences d'aide au développement bilatérale au monde.

La Nouvelle JICA sera en mesure de renforcer encore sa contribution en « accélérant » (speeding up), « renforçant » (scaling up), et en « élargissant » (spreading out) l'aide. Premièrement, elle accélèrera les projets en coordonnant plus étroitement la coopération technique, les prêts et l'aide financière non remboursable. Deuxièmement, elle pourra renforcer des projets pilotes donnant de bon résultats avec des ressources financières immédiatement disponibles, et troisièmement, élargir le développement avec la participation d'organisations locales en combinant les actions de coopération sur le terrain, notamment les activités des ONG et des volontaires. Nous espérons que la méthode 3S sera accueillie par tous favorablement. En soulignant l'importance du concept de sécurité humaine, la Nouvelle JICA continuera de contribuer au développement de l'Afrique avec les partenaires internationaux. S'inscrivant dans le prolongement des conclusions de la TICAD IV, la JICA s'engagera à être un partenaire efficace de l'Afrique et se développera avec vous sur la voie de la paix et de la prospérité.

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