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Nouvelles du terrain

17 novembre 2017

Secours d'urgence du Japon : « 30 ans d'activités »
Partie 4 : Renforcement des liens de coopération après le grand séisme de l'est du Japon

photoAux Philippines, frappées par le typhon Haiyan en 2013, une infirmière de l'équipe médicale du JDR apprend l'origami - techniques japonaises de pliage du papier – à des enfants, entre deux consultations médicales.

photoNakajima Yasushi, à droite, lors d'une intervention dans la région dévastée par le grand séisme de l'est du Japon.


« En tant que membre de l'équipe du Secours d'urgence du Japon, je sais par expérience qu'une coordination étroite avec les organismes locaux de la région frappée par une catastrophe naturelle est la chose la plus importante. »

Tels étaient les propos de Nakajima Yasushi, le directeur adjoint du service des urgences de l'Hôpital métropolitain de Hiroo, à Tokyo, lors de la mise en place des secours médicaux dans la région dévastée par le grand séisme de l'est du Japon, en mars 2011.

Le Dr Nakajima a participé à deux reprises à l'équipe du JDR : lors du séisme de 2008 dans le Sichuan, en Chine, et de celui de 2011 à Christchurch, en Nouvelle-Zélande. Après le grand séisme de l'est du Japon en 2011, il a dispensé des soins médicaux aux victimes du tsunami dans la préfecture de Miyagi, en tant que membre de l'équipe d'aide médicale en cas de catastrophe (DMAT pour « Disaster Medical Assistance Team »). Parallèlement, il supervisait les nombreuses équipes d'aide médicale dépêchées en urgence sur les lieux, et assurait la coordination avec les organismes locaux et d'autres acteurs.

La DMAT a été créée en 2005 pour constituer un « groupe de professionnels médicaux spécialement formés et pouvant être mobilisés rapidement pour répondre aux catastrophes dans des délais très courts ». Elle a été mise en place en tirant les leçons du grand séisme Hanshin-Awaji (séisme de 1995 de Kobe). Pour répondre à une catastrophe, la DMAT s'appuie sur des accords avec les préfectures du Japon ou sur leurs plans d'intervention d'urgence. Ses activités, sur le terrain ou au siège, concernent le transport/l'évacuation sanitaire sur une grande distance, le soutien aux hôpitaux, le transport médicalisé au niveau régional, et les soins cliniques sur place.

Bien que la DMAT et le JDR – chargé des secours d'urgence en cas de catastrophe à l'étranger - relèvent de deux administrations distinctes, de nombreux membres du JDR sont enregistrés auprès de la DMAT. Ceci crée un cercle vertueux : les membres des deux équipes partagent leurs expériences en matière d'aide d'urgence au Japon et dans le reste du monde.

Promouvoir une coopération sans frontière

photoLa JICA et d'autres acteurs ont soutenu l'idée d'un formulaire standard de données finalement établi par l'OMS.

En février 2017, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a établi un modèle standard de rapport EMD* journalier sur la situation sanitaire en cas de catastrophe qui doit être remis aux autorités de santé des pays frappés par un désastre environnemental. L'utilisation par les équipes médicales d'urgence d'un formulaire standard de données permet aux autorités de santé d'avoir une vue d'ensemble de la situation et notamment des problèmes médicaux existant dans le pays. Les médecins enregistrés auprès de l'équipe médicale du JDR avaient proposé d'adopter un modèle standard de rapport et conduit des discussions dans ce sens.

L'idée a vu le jour lors de l'intervention d'urgence aux Philippines, après le passage du typhon Haiyan en 2013. L'équipe médicale du JDR dépêchée sur les lieux a alors proposé aux différentes équipes médicales déployées dans les zones sinistrées d'utiliser le formulaire établi par le ministère philippin de la santé. La proposition a été acceptée et les résultats ont été positifs. Le Japon a ensuite décidé d'adopter ce modèle en cas de catastrophes sur son territoire, et il l'a utilisé pour la première fois lors de la série de séismes qui a frappé la région du Kumamoto, en avril 2016.

La coopération s'accélère entre les équipes de secours

Dans l'ANASE, l'aide médicale lors des catastrophes naturelles est une question prioritaire dans le secteur de la santé. Cependant, les capacités à fournir une aide médicale d'urgence diffèrent selon les pays membres et aucune structure régionale de coopération n'a été mise en place. Dans ce contexte, la JICA travaille en collaboration avec l'Institut national de médecine d'urgence et le ministre de la Santé publique de Thaïlande, depuis 2016, dans le cadre du projet de renforcement des capacités régionales de l'ANASE en matière de gestion de la santé en cas de catastrophe naturelle (ARCH pour « ASEAN Regional Capacity on Disaster Health Management »). ARCH vise à renforcer la coordination entre les équipes médicales d'urgence des pays membres de l'ANASE et à en former le personnel.

Ce projet s'inscrit dans le prolongement du cours de formation en groupe « Séminaire sur la médecine d'urgence/en cas de catastrophe » organisé par la JICA durant deux décennies, entre 1988 et 2008. Ce cours a permis de former des experts de la médecine d'urgence/en cas de catastrophe et de constituer un réseau entre eux. Un total de 207 personnes de 53 pays ont suivi cette formation. Les participants thaïlandais ont créé leur propre DMAT basé sur le modèle japonais, en 2008.

photoFormation conjointe d'équipes médicales de différents pays de l'ANASE.

photoUne équipe de sauvetage mongole recherche des personnes disparues dans la préfecture de Miyagi ravagée par le tsunami.


Des experts enregistrés auprès de l'équipe médicale du JDR participent également à ce projet. Ils fournissent des conseils spécialisés et dispensent une formation conjointe pour différents pays de l'ANASE.

Après le grand séisme de l'est du Japon, la Chine, la Mongolie, l'Indonésie, et d'autres pays ayant bénéficié de l'aide de la JICA, ont envoyé des équipes de sauvetage au Japon.

« Les opérations de sauvetage ont dû être interrompues à de multiples reprises en raison des répliques sismiques. Mais les techniques de sauvetage et de gestion de la sécurité qui nous ont été enseignées par les experts japonais se sont révélées très efficaces sur les lieux de la catastrophe ». Ces propos ont été tenus par un instructeur du Centre d'aide d'urgence en cas de séisme de l'Administration sismologique chinoise, qui a pris part aux efforts de recherche et de sauvetage à Ofunato, dans la préfecture d'Iwate.

Un séisme majeur s'est produit à Mexico en septembre 2017. Au milieu des ruines d'un immeuble d'habitation, l'équipe de recherche et de sauvetage du JDR a recherché des victimes en unissant ses efforts à ceux des équipes venues des États-Unis et d'Israël. Lors des catastrophes, les équipes de secours d'urgence utilisent leur expérience et leurs relations pour venir en aide à de nombreuses personnes à travers le monde.

*Ensemble minimal de données, ou EMD. Il s'agit des 46 éléments d'information contenus sur le rapport journalier qui doit être fourni aux autorités de santé d'un pays frappé par une catastrophe naturelle. Les équipes médicales d'urgence qui interviennent dans les zones sinistrées recueillent les données dans les dossiers médicaux des patients.

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