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Nouvelles du terrain

20 août 2018

La participation sociale commence avec les Jeux olympiques spéciaux : Une JOCV soutient la participation de l'équipe du Soudan

PhotoL'équipe soudanaise ayant participé au 9e Jeux olympiques spéciaux de la région Moyen-Orient Afrique du Nord en 2018 et la JOCV Ayako Iwabuki, deuxième à droite, qui l'a soutenue.

À la différence des Jeux paralympiques, qui rassemblent principalement des personnes souffrant de handicaps physiques, et des Deaflympics, où se rencontrent des athlètes sourds, les Jeux olympiques spéciaux, gérés par l'organisation sportive internationale Special Olympics, prévoient toute l'année des entraînements et des compétitions sportives dans plusieurs disciplines olympiques pour des enfants et des adultes souffrant de déficiences intellectuelles. Des compétitions internationales sont organisées durant l'été et l'hiver tous les quatre ans.

Les premiers Jeux olympiques spéciaux mondiaux ont été organisés par Special Olympics il y a 50 ans, en 1968. En mars prochain, les Jeux olympiques spéciaux mondiaux d'été auront lieu à Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis. En amont de cet événement, des rencontres sportives sont organisées un peu partout dans le monde au niveau national et régional. En mars, une équipe soudanaise a participé pour la première fois aux Jeux olympiques spéciaux de la région Moyen-Orient Afrique du Nord. Le soutien d'une volontaire japonaise pour la coopération à l'étranger (JOCV) envoyée au Soudan a été un facteur de réussite pour cette première participation.


Une volontaire de la JICA en mission à l'étranger apporte une aide pour «lutter contre les discriminations»

Afin de promouvoir la participation sociale des personnes handicapées mentales, les Jeux olympiques spéciaux mettent l'accent sur la participation et le plaisir d'être ensemble quel que soit le sexe, l'âge ou le niveau sportif.

PhotoMme Iwabuki pratique l'ergothérapie dans un camp d'entraînement au Soudan avant les Jeux olympiques spéciaux.

Ayako Iwabuki, une JOCV travaillant en tant qu'ergothérapeute, a soutenu l'équipe soudanaise qui participait pour la première fois aux Jeux olympiques spéciaux régionaux. Mme Iwabuki a passé sa qualification d'ergothérapeute afin de se lancer dans la coopération internationale avant d'exercer dans un hôpital universitaire pendant environ trois ans. Après avoir travaillé dans la zone touchée par le séisme de Kumamoto, en 2016, et au Népal, en juillet 2017, elle a été affectée auprès d'une garderie pour enfants handicapés à Khartoum, la capitale du Soudan.

Les ergothérapeutes s'intéressent au maintien et à l'amélioration des capacités physiques et psychosociales, notamment dans le cadre d'activités quotidiennes telles que s'habiller, se nourrir ou aller aux toilettes, ou encore pour permettre aux personnes handicapées de travailler ou d'aller à l'école. Au Soudan, il n'existe pas de structure ou d'organisme de formation pour les ergothérapeutes, et presque personne n'a conscience de l'importance de cette profession pour les personnes souffrant de déficiences intellectuelles. «Pour lutter contre les discriminations à l'encontre des handicapés mentaux, nous devons renforcer leur participation sociale», explique Mme Iwabuki. C'est dans cette optique qu'elle est entrée en contact avec les responsables des Jeux olympiques spéciaux avant de participer aux activités de l'organisation.

Elle n'avait pas d'expérience de rééducation par le sport et n'était pas sûre d'elle, mais devant l'absence de professionnel disposant d'une expertise à la fois sur les capacités physiques et psychosociales au Soudan, elle a décidé d'assumer la tâche d'accompagner l'équipe soudanaise pour sa préparation aux Jeux olympiques spéciaux.


Favoriser le travail d'équipe et interagir avec de nombreuses personnes

PhotoS'habituer à pratiquer un sport devant un public nombreux.

PhotoApprendre à se nourrir avec un couteau et une fourchette.


Les premières personnes choisies pour rejoindre l'équipe soudanaise étaient 12 garçons et filles âgés de 11 à 21 ans. Huit d'entre eux participaient aux compétitions d'athlétisme tandis que les quatre autres pratiquaient un jeu de ballon appelé «boccia». Mme Iwabuki a poursuivi son aide en assistant à tous les entraînements pendant près de deux mois, notamment au camp d'entraînement.

Certaines personnes souffrant de déficiences intellectuelles sont incapables d'établir de bonnes relations avec leur entourage*. C'est pourquoi Mme Iwabuki s'est fixé des objectifs tels que la compréhension et la reproduction de modèles, se concentrer sur un partenaire pour coopérer lorsque les stimuli sont trop nombreux, et le travail d'équipe. Dans le camp d'entraînement, les athlètes ont rapidement atteint ces objectifs.

Parallèlement aux 12 athlètes, près de 40 personnes comprenant des entraîneurs, des médecins, des parents d'athlètes et du personnel des lieux d'accueil des enfants ont assisté aux Jeux olympiques spéciaux de la région Moyen-Orient Afrique du Nord. L'équipe soudanaise a gagné 17 médailles, d'or, d'argent et de bronze. Mais ces jeunes athlètes ont remporté bien plus que des médailles.

Photo Le relais 4 x 100 mètres hommes des 9e Jeux olympiques spéciaux de la région Moyen-Orient Afrique du Nord

«C'était formidable de participer aux Jeux et de passer du temps à l'étranger», confie un garçon ayant participé aux épreuves de boccia.

«Je suis fière qu'elle ait pu remporter une médaille lors de sa première compétition à l'étranger», se réjouit la mère d'une jeune athlète.

«Beaucoup de personnes qui n'avaient jamais eu affaire à des personnes handicapées ont eu l'opportunité de parler et d'interagir avec elles durant les entraînements au Soudan, le camp d'entraînement et les Jeux», explique Mme Iwabuki.

La participation de l'équipe soudanaise aux Jeux a été couverte par plusieurs journaux locaux et des stations de télévision.


Petites et grandes évolutions des capacités physiques et psychosociales

PhotoLa cérémonie de remise des médailles des Jeux olympiques spéciaux de la région Moyen-Orient Afrique du Nord

Peut-être parce que les athlètes n'avaient pas eu assez d'opportunités de s'entraîner dans des structures adéquates ou chez eux et peu l'habitude de vivre en groupe et de suivre des règles, en très peu de temps, ils ont réussi à améliorer nettement leurs capacités physiques et sociales, notamment la capacité à s'intégrer à un groupe et suivre des règles.

«J'espère que ceux qui n'ont jamais interagi ou qui ne savent pas interagir avec des personnes handicapées, soit en lisant des articles sur eux dans les journaux ou en les voyant pratiquer un sport de compétition à la télévision, soit en s'impliquant dans leur entraînement, prendront conscience que ce sont des êtres humains méritant autant de respect qu'eux-mêmes», déclare Mme Iwabuki.

Il semble qu'un nombre encore plus important d'athlètes et d'entraîneurs soudanais participeront aux prochains Jeux mondiaux.

«Je suis ravie que le soutien indéfectible de Mme Iwabuki ait permis aux athlètes soudanais de participer pour la première fois aux Jeux olympiques spéciaux» se félicite Yuko Arimori, présidente et directrice générale de Special Olympics Japon. «Je suis aussi extrêmement fière que les JOCV soient capables de traverser les frontières pour soutenir les personnes handicapées mentales».

* Les symptômes de déficience intellectuelle varient grandement d'une personne à une autre.

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