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Nouvelles du terrain

19 octobre 2018

L'objectif de doubler la production de riz en Afrique subsaharienne sur dix ans sera atteint en 2018

Il est dorénavant certain que l'objectif ambitieux de production rizicole en Afrique subsaharienne sera atteint : la production de riz aura doublé entre 2008 et 2018.

Ces efforts ont été menés par la Coalition pour le développement de la riziculture en Afrique (Coalition for African Rice Development ou CARD), lancée par la JICA en coopération avec l'ONG internationale Alliance pour une révolution verte en Afrique (Alliance for a Green Revolution in Africa ou AGRA) lors de la quatrième conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD IV) en 2008. La production rizicole en Afrique subsaharienne, qui gravitait autour des 14 millions de tonnes métriques en 2008, devrait atteindre 28 millions de tonnes métriques cette année.


PhotoDes agriculteurs de Madagascar récoltent du riz.

Cette réussite ne tient pas uniquement au déploiement d'une aide sur le terrain, notamment pour l'introduction de variétés de riz adaptées aux différents milieux agroécologiques africains, l'amélioration des installations d'irrigation et la diffusion de techniques rizicoles auprès des agriculteurs. Elle est également due à la formulation et à la mise en œuvre de plans stratégiques nationaux visant à stimuler la production de riz dans chaque pays. Ces plans permettent la mise en place de flux plus efficaces, de la production à la vente en passant par le traitement et la distribution, augmentant ainsi la valeur ajoutée du riz qui, en fin de cycle, se vendra mieux sur le marché. La Coalition s'est associée avec les gouvernements de 23 pays membres et 11 partenaires de développement internationaux et pris la tête des mesures visant à renforcer la chaîne de valeur du riz dans chaque pays afin d'atteindre l'objectif de doublement de la production rizicole.


Photo(À gauche) Un agent de vulgarisation agricole conseille des agriculteurs tanzaniens.
(À droite) Un expert japonais, deuxième à partir de la droite, et un représentant du gouvernement visitent un marché à Madagascar pour examiner le riz mis en vente.


PhotoLes 23 pays membres de la CARD


Stimuler la compétitivité du riz local

PhotoHiroshi Hiraoka, ancien coordinateur du Secrétariat de la CARD, peu après sa création en octobre 2008. Le Secrétariat, situé dans les locaux de l'Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), a également joué un rôle moteur pour l'initiative.

Hiroshi Hiraoka, conseiller senior de la JICA, n'a eu de cesse de faire progresser l'initiative en tant que coordinateur du Secrétariat de la CARD à Nairobi, au Kenya, durant les quatre années qui ont suivi son inauguration en 2008. Il a compris que la progression timide de la riziculture en Afrique était due au fait que le goût et la qualité du riz local ne répondaient pas aux préférences des consommateurs. Ainsi, la faible demande en riz local n'incitait pas les agriculteurs à augmenter leur production.

Les 23 pays membres de la CARD disposent de vastes étendues de terres qui conviennent à la riziculture, mais qui restent inexploitées, ils ont donc un énorme potentiel d'autosuffisance en riz. Par ailleurs, le manque d'initiative visant à diffuser des variétés adaptées aux goûts des consommateurs ainsi que la qualité médiocre du riz (grains cassés et impuretés) due aux mauvaises techniques de transformation post-récolte expliquent la faible demande de riz local dans de nombreux pays et, sa vente à bas prix même lorsqu'il se retrouve sur les étals des marchés.

Dans ce contexte, la structure coûts-avantages de la production rizicole, associée à plusieurs facteurs imprévisibles sur l'exploitation et en dehors, n'incitait pas les riziculteurs à investir dans des engrais et des équipements agricoles, ou encore dans le fonctionnement et l'entretien d'installations d'irrigation, explique M. Hiraoka. Ainsi, l'augmentation rapide de la demande de riz en Afrique, stimulée par la croissance économique et l'urbanisation, bénéficiait principalement aux importations.

Photo La seconde réunion générale de la Coalition pour le développement de la riziculture en Afrique a eu lieu à Tokyo, en juin 2009, en présence de Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies, et sous la présidence de Sadako Ogata, ancienne présidente de la JICA. En 2018, après neuf ans, la réunion générale de la CARD a de nouveau été organisée au Japon.

«Les gouvernements des pays membres de la CARD avaient tendance à se focaliser uniquement sur l'augmentation de la production et de la productivité. Je me suis donc efforcé de les sensibiliser à l'importance des mesures pour améliorer la qualité du riz tout en renforçant la compétitivité du riz local par rapport aux variétés asiatiques et en stimulant la demande des consommateurs africains», explique M. Hiraoka.

Grâce aux nombreuses réunions et sessions de formation au cours des dix dernières années, et avec la confiance de plus en plus solide des pays membres envers l'initiative, M. Hiraoka estime qu'un changement de paradigme s'est produit et commence à porter ses fruits sur le terrain.


PhotoUn expert japonais, à gauche, donne des conseils techniques dans une rizière au Sénégal.

Par exemple, le taux d'autosuffisance en riz du Sénégal n'était que de 20% au début des années 2000, et le pays dépendait largement des importations. Au moment où le gouvernement sénégalais a fixé des cibles pour augmenter son taux d'autosuffisance en riz, la JICA a apporté une aide pour améliorer les techniques de production et de transformation du riz tout en construisant une chaîne de valeur visant à stimuler la distribution de riz dans les zones urbaines. Ces efforts ont permis d'atteindre un taux d'autosuffisance de 39% (en 2014). La JICA continuera son aide afin d'atteindre l'autosuffisance totale.


Vers un second doublement de la production de riz à l'horizon 2030

Avec l'augmentation attendue de la demande de riz en Afrique subsaharienne, des discussions sont en cours pour la seconde phase de la CARD afin de parvenir à un second doublement de la production annuelle de riz de 28 millions de tonnes métriques en 2018 à 56 millions de tonnes métriques d'ici 2030. En plus des 23 membres actuels de la CARD, neuf autres pays, dont l'Angola et le Soudan, ont exprimé l'intention de prendre part à cette initiative.

PhotoTakanori Satoyama, coordinateur général du Secrétariat de la CARD, deuxième à droite, s'entretient avec des responsables administratifs et des marchands de riz sénégalais.

«Il est essentiel de continuer à renforcer la qualité du riz et les systèmes de distribution tout en mettant l'accent sur le marketing. Nous souhaitons dans cette optique soutenir la mise en œuvre des stratégies de chaque pays pour stimuler la production rizicole et augmenter proactivement les investissements du secteur privé», affirme Takanori Satoyama, conseiller de la JICA en matière de formulation de projets et coordinateur général du Secrétariat de la CARD, à propos de la seconde phase de la CARD.

Avec ses partenaires, tels que l'Agence du Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (New Partnership for Africa's Development ou NEPAD), qui soutient le développement durable en Afrique, la JICA continuera d'encourager les initiatives africaines visant à augmenter la production de riz. La septième réunion générale de la CARD, qui a rassemblé les représentants des 32 membres existants ou candidats de la CARD et des partenaires de développement internationaux, a eu lieu du 2 au 4 octobre dans les locaux de l'Institut de recherche de la JICA, à Ichigaya, Tokyo. Avec la confirmation des résultats de la CARD et le début des négociations sur le cadre de la seconde phase, les participants ont décidé de commencer les nouvelles activités en 2019, année de la septième conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD 7).

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