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Nouvelles du terrain

23 octobre 2018

La JICA soutient le processus de paix visant à établir un gouvernement du Bangsamoro

Le 27 juillet 2018, la loi organique de Bangsamoro, nécessaire à l'établissement du nouveau gouvernement autonome du peuple Moro, a été approuvée par le président des Philippines Rodrigo Roa Duterte.

Cette loi permettra l'application de l'accord de paix globale sur le Bangsamoro signé en mars 2014 par le gouvernement philippin et le Front moro islamique de libération (FMIL). La signature de la loi organique devrait accélérer le processus d'établissement d'un gouvernement du Bangsamoro.

PhotoDes marchands musulmans vendent des légumes dans une rue de la province de Maguindanao, à Mindanao, aux Philippines.

La JICA soutient depuis de nombreuses années le processus de paix entre le gouvernement philippin et le FMIL. Aujourd'hui, afin de redonner espoir en l'avenir et de garantir la paix pour l'ensemble de la population de Mindanao, la JICA entend poursuivre son aide pour l'établissement d'un gouvernement du Bangsamoro.

Les Moros, nom donné à la population musulmane des Philippines, représentent 5% des 100 millions d'habitants du pays. La majorité vit au sud-ouest de l'île de Mindanao, dans la région du Bangsamoro (qui signifie «la terre des Moros»).


PhotoL'île de Mindanao, au sud des Philippines. La partie verte représente la Région autonome du Mindanao musulman.

L'Islam s'est implanté à Mindanao au 14ᵉ siècle, suite aux activités missionnaires des marchands et professeurs arabes le long des routes commerciales.

Durant des siècles, de violents conflits armés ont opposé les Moros aux colons espagnols. Au 20ᵉ siècle, les colons américains ont annexé Mindanao et Sulu aux Philippines avant d'accorder l'indépendance à l'ensemble du pays le 4 juillet 1946.

Les Moros, ayant créé une société et une culture propres, n'ont eu de cesse de se battre pour leur droit à l'autodétermination. Des centaines de milliers de personnes seraient mortes à cause de ce conflit depuis les années 1970.


Soutenir les soldats qui ont déposé les armes

PhotoDes soldats bénéficient de formations pratiques sur la plantation de semences.

«Il ne faut pas éparpiller les semences pour faciliter le désherbage. Plantez en ligne droite. Et couvrez les graines avec un peu de terre». La JICA mène une formation dans une exploitation agricole expérimentale d'une communauté FMIL gérée par l'Institut national de recherche sur le riz des Philippines, PhilRice, qui fait office de prestataire de services de la JICA. Les membres des Forces armées islamiques Bangsamoro, la branche militaire du FMIL, suivent cette formation pour apprendre à faire pousser du riz sur des terres arides. Ils vivent en exerçant deux métiers, agriculteur et soldat, pour protéger la terre dont ils ont hérité.

Au Bangsamoro, affecté par un conflit depuis plus de 40 ans, les infrastructures et les services sociaux, tels que l'éducation et les soins médicaux, n'ont que peu progressé. Restée à la traîne du développement socio-économique philippin, la région a un taux de pauvreté élevé. L'objectif de cette formation agricole est d'améliorer le niveau de vie des fermiers-combattants grâce à une aide de la JICA basée sur les techniques de culture du riz de montagne.

PhotoLes soldats apprennent des techniques de riziculture sur les terres arides.

Les soldats ayant bénéficié de la formation se sont montrés très satisfaits par la riziculture : «J'ai pu augmenter mes revenus et payer mes dettes». «J'ai acheté une mobylette». «Le riz est un aliment de base pour nous. En le cultivant moi-même, la vie est devenue plus simple, car je n'avais plus à l'acheter». À ce jour, 500 soldats ont suivi la formation.

La formation agricole est mise en œuvre dans le cadre du projet de développement global des capacités pour le Bangsamoro (PDGC) initié par la JICA en 2013. Ce projet vise à créer les fondations d'une transition fluide vers un gouvernement du Bangsamoro.

«Après la formation, certains agriculteurs sont passés de la culture du maïs à celle du riz. Certains transmettent les techniques à d'autres soldats, la formation donne de bons résultats», se réjouit Koji Demizu, l'expert de la JICA chargé du projet.

Établir la confiance et répondre aux besoins locaux

Alors que le conflit touche à sa fin, le projet a contribué à édifier les organismes et systèmes nécessaires au nouveau gouvernement, à diffuser les services publics, à développer les communautés et à stimuler l'activité économique afin que les populations des zones affectées par le conflit à Mindanao puissent vivre en paix. En coopération avec l'Institut national des hautes études politiques de Tokyo (GRIPS), la JICA a permis aux ressources humaines qui administreront le nouveau gouvernement de se familiariser, à partir des exemples du Japon et d'autres pays, avec les systèmes parlementaires et judiciaires nécessaires à l'élaboration de la loi organique du Bangsamoro ainsi qu'avec les notions liées aux droits fondamentaux.

Koji Sakane, directeur du bureau de la consolidation de la paix et de la reconstruction de la JICA, résume les progrès accomplis jusqu'à présent par l'Agence.

PhotoUn expert de la JICA, à gauche, visite une base militaire du FMIL.

«Au cours des 15 années qui ont suivi l'annonce des mesures d'aide de la JICA pour la paix et la stabilité à Mindanao, en 2002, bien avant la conclusion de l'accord de paix entre le gouvernement philippin et le FMIL, la JICA a soutenu les zones affectées par le conflit dans divers domaines tels que l'agriculture, la réduction de la pauvreté et les petites infrastructures. À travers les initiatives Japon-Bangsamoro pour la reconstruction et le développement, centrées autour du PDGC, le gouvernement japonais a mis en œuvre un large éventail de mesures pour les parties prenantes. Ces mesures comprennent l'envoi de personnel de la JICA au sein de l'équipe de surveillance internationale à Mindanao ; une aide au projet de fonds social pour la paix et le développement de la Région autonome du Mindanao musulman, en appui à l'établissement d'installations éducatives et médicales gérées par les résidents et à l'amélioration de l'approvisionnement en eau et des routes ; et une aide au plan de restauration et de rétablissement après le siège de Marawi, un conflit armé qui a touché la ville du même nom en mai 2017».

PhotoUne école de l'île de Mindanao construite grâce à une aide japonaise. Les enfants apprennent ensemble en dépit des différences religieuses.

«En tirant parti de la confiance établie au fil des longues années de coopération avec le FMIL et le gouvernement philippin, la JICA a joué son rôle d'intermédiaire entre les deux parties. Je crois que la population de Mindanao est convaincue que l'aide réactive de la JICA permettra d'amener la paix et la stabilité. Il fut un temps où la stagnation du processus de paix alimentait le mécontentement des membres du FMIL, mais l'entrée en vigueur de la loi organique du Bangsamoro, après des années d'efforts de conciliation, constitue une étape majeure qui me réjouit grandement. La JICA continuera de travailler avec les Philippines et de coopérer pour la stabilité et le rétablissement de la région».

Photo

Vers l'établissement d'un gouvernement du Bangsamoro

Avec l'adoption de la loi organique du Bangsamoro, des préparatifs sont en cours pour l'établissement d'un gouvernement au sein de la Région autonome du Mindanao musulman.

«À Mindanao, où notre projet est basé, la population se réjouit de la signature de la loi organique du Bangsamoro, symbole du processus de paix qu'elle attend impatiemment depuis de nombreuses années. Le chemin parcouru, loin d'avoir été sans embûches, a été parsemé de batailles qui ont coûté bien des vies, notamment avec l'intensification des combats après l'impasse des négociations de paix, en 2008, et l'affrontement de Mamasapano*, en 2015. L'adoption de la loi organique du Bangsamoro est une étape décisive du processus de paix, mais il n'en constitue pas la fin. La JICA poursuivra son aide afin que la population du Bangsamoro puisse connaître une paix et une stabilité durables», confirme Hiroshi Takeuchi, conseiller principal sur le PDGC.

La prochaine étape inclut un processus de transition, notamment un référendum pour déterminer le territoire de la Région autonome du Bangsamoro et l'établissement d'une structure gouvernementale de transition.

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*Affrontement de Mamasapano
Alors qu'elles poursuivaient les dirigeants d'une organisation extrémiste islamique, les forces d'actions spéciales de la police nationale des Philippines sont entrées dans la ville de Mamasapano, dans la province de Maguindanao, sans en informer le FMIL avec lequel le gouvernement avait conclu un cessez-le-feu. Les deux camps ont échangé des coups de feu qui ont fait de nombreuses victimes, dont des membres des forces d'action spéciales de la police, des soldats du FMIL et des civils.

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