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Nouvelles du terrain

8 novembre 2018

«Transmettre au monde l'expérience de modernisation du Japon» Partie 4 : Diffuser les connaissances en matière de lutte contre la pollution et de protection de l'environnement

Depuis l'ère Meiji (1868-1912) et à mesure qu'il a avancé vers l'industrialisation et la croissance économique, le Japon a été confronté au problème de la pollution.

Dans le dernier article de notre série intitulée «Transmettre au monde l'expérience de modernisation du Japon», nous présentons les initiatives de la JICA visant à partager avec les pays en développement l'expérience du Japon face à la pollution au cours de sa modernisation et les enseignements que le pays en a tirés.


Promouvoir le développement des capacités pour la prévention de la pollution dans les pays en développement

PhotoMesure des gaz d'échappement

Depuis le milieu de l'ère Meiji, l'industrie sidérurgique ainsi que les usines de filage de la soie et du coton se sont développées au Japon. Avec l'explosion de la consommation de charbon, principale source énergétique de ces industries, le phénomène de la pollution atmosphérique a fait son apparition. Après la deuxième guerre mondiale, l'économie japonaise a connu une croissance rapide, mais le gouvernement a tardé à adopter des mesures de lutte contre la pollution de l'air et de l'eau, laissant la situation empirer. L'opinion publique s'est alors mobilisée de plus en plus fortement, tandis que les technologies et les lois visant à protéger l'environnement se sont développées.

«Nous souhaitons utiliser les enseignements de l'expérience du Japon pour lutter contre la pollution atmosphérique dans les pays en développement avant que les dommages ne soient irréparables». Ce sont les mots de Taizo Yamada, conseiller senior de la JICA, qui participe depuis 2008 au projet de développement des capacités pour lutter contre la pollution de l'air à Oulan-Bator, la capitale de la Mongolie. Oulan-Bator, où la qualité de l'air se dégrade de jour en jour avec l'urbanisation rapide, est la deuxième ville la plus polluée au monde, selon une étude de l'Organisation mondiale de la santé en 2011. Bien que les responsables mongols aient été exhortés à prendre des mesures, les sources de contamination n'ont pas été bien identifiées et aucun plan efficace n'a pu être mis en œuvre.

Dans ce contexte, le projet a commencé par déterminer et analyser les sources de pollution atmosphérique et mesurer les gaz d'échappement. Pour les centrales thermiques à charbon et les chaudières, deux sources importantes d'émission, le projet a renforcé les capacités du gouvernement et des entreprises à gérer les émissions. Cela comprend l'élaboration d'un système d'inspection basé sur la mesure des émissions de gaz dans les cheminées des chaudières.

Le personnel chargé de la gestion de la qualité de l'air ne disposant pas de l'expertise et de l'expérience suffisantes, le projet s'est ensuite attelé à la formation des ressources humaines et au renforcement de la capacité des Mongols à planifier et évaluer les mesures de lutte contre la pollution atmosphérique. Le projet a également sensibilisé les citoyens au problème de la pollution en diffusant des informations sur la qualité de l'air auprès des résidents et des écoliers. Aujourd'hui, la JICA commence à mobiliser l'expérience japonaise pour mettre en œuvre des initiatives pilotes visant à réduire la pollution de l'air, notamment en encourageant l'utilisation de nouveaux carburants dans les zones où les chaudières domestiques à charbon occasionnent une forte pollution pendant l'hiver et en prenant des mesures pour réduire les gaz d'échappement des bus et autres gros véhicules fonctionnant au diesel qui circulent dans la ville.

PhotoLes causes de pollution atmosphérique à Oulan-Bator comprennent les gaz d'échappement des automobiles (à droite), l'utilisation du charbon en hiver, ainsi que la fumée et la suie des centrales thermiques (à gauche).


«Le renforcement des capacités des citoyens, du gouvernement et des entreprises mongols à résoudre ensemble le problème de la pollution atmosphérique mobilise largement l'expérience japonaise dans ce domaine», explique M. Yamada. La JICA soutient les mesures de lutte contre la pollution de l'air qui utilisent l'expertise japonaise non seulement en Mongolie, mais aussi en Iran, au Kosovo et ailleurs.

La JICA soutient également la formation des ressources humaines dans le domaine de la lutte contre la pollution de l'air dans divers pays. En partenariat avec le Centre de coopération environnementale de la région du Pacifique nord-ouest (dans la préfecture de Toyama), qui promeut la coopération environnementale avec la Chine, la JICA soutient la formation d'experts travaillant sur la réduction des substances polluantes ainsi que la mise en œuvre d'un programme de co-création des connaissances au Japon (programme de formation) intitulé «Renforcement des capacités pour la gestion de la qualité de l'air» à destination des responsables de la gestion de la qualité de l'air dans les pays en développement.

Apprendre aux enfants l'importance de la protection de l'environnement

On dit du ralentissement de la croissance des plants de riz au milieu de l'ère Meiji qu'il aurait été l'un des premiers signes de la maladie Itai-Itai, une intoxication au cadmium liée à l'exploitation minière. Cette maladie apparue durant l'ère Taisho (1912-1926) et dont l'origine est restée longtemps inexpliquée, se caractérise par de vives douleurs dans l'ensemble du corps. Elle a finalement été reconnue comme la première maladie provoquée par la pollution au Japon après la deuxième guerre mondiale. Un long travail d'aide aux victimes et de législation a dès lors été mené. En 2012, la restauration des terres polluées est arrivée à son terme, mais les victimes d'intoxication au cadmium continuent d'être suivies.

L'histoire de la maladie Itai-Itai, apparue dans la préfecture de Toyama, est aujourd'hui mentionnée dans un manuel indonésien et elle est utilisée pour apprendre aux enfants l'importance de la protection de l'environnement.

En collaboration avec la Fondation pour la promotion de l'éducation en Indonésie (dans la préfecture de Toyama), la JICA a contribué à l'élaboration des programmes scolaires et à la rédaction d'un manuel pour enseigner les études environnementales dans les écoles élémentaires de la ville de Tangerang du Sud, dans la banlieue de Jakarta, la capitale. La nouvelle matière a d'abord été introduite dans 30 écoles élémentaires de Tangerang du Sud en 2014, avant d'être enseignée dans 300 écoles. La JICA soutient aujourd'hui l'introduction des études environnementales dans les collèges et la diffusion de l'éducation sur l'environnement dans d'autres régions d'Indonésie.

PhotoUn manuel indonésien traitant de la maladie Itai-Itai et notamment du processus de restauration des sols.


«À travers ce manuel, je souhaite transformer l'expérience négative du Japon en perspectives d'avenir. Un pays développé doit s'efforcer de prévenir une tragédie de ce genre en Indonésie», affirme Hideyuki Negishi, professeur à la faculté de développement humain de l'Université de Toyama et directeur de la Fondation pour la promotion de l'éducation en Indonésie.

En Indonésie, où la population s'inquiète des problèmes environnementaux tels que l'abandon de détritus et la dégradation de la qualité de l'eau, notamment celle de la rivière la plus polluée du monde, il est nécessaire de sensibiliser les enfants, qui tiennent l'avenir du pays dans leurs mains, à la protection de l'environnement. M. Negishi explique que les enfants qui entendent parler de la maladie Itai-Itai en classe commencent à s'interroger sur la qualité de l'eau chez eux.

PhotoDes enseignantes indonésiennes discutent avec des élèves d'écoles élémentaires japonaises.

En septembre 2018, 21 professeurs de collèges et d'autres enseignants impliqués dans la création du manuel sur l'environnement ont pris part à une formation au Japon. La formation comprenait la visite d'écoles élémentaires et secondaires dans la préfecture de Toyama. «Je souhaite créer en Indonésie un manuel semblable à celui du Japon qui expliquerait les problèmes écologiques à l'aide de photos, de graphiques et de dessins» et susciter ainsi l'intérêt des enfants pour l'environnement, explique l'un des participants.


Les expériences du Japon sont transmises à des étudiants internationaux qui pèseront sur l'avenir de leur pays

Un nouveau programme, dit «programme d'études du développement», visant à partager les expériences du Japon durant l'ère moderne, a commencé en 2018. Dans le cadre de ce programme, des universités dispensent dans leurs domaines de spécialité des cours sur certains aspects du développement japonais à des étudiants internationaux qui joueront un rôle clé pour l'avenir des pays en développement.

En avril, l'École supérieure des sciences environnementales de l'Université d'Hokkaido a commencé des cours portant notamment sur l'histoire de l'environnement au Japon, la politique environnementale, le droit environnemental et le développement des technologies de protection de l'environnement qui ont permis au Japon de parcourir un long chemin jalonné d'échecs et de réussites vers une société écologique.

La JICA continuera de partager, à travers diverses initiatives, l'expérience du Japon en tant que premier pays développé non occidental. Ces initiatives concerneront non seulement les réussites du Japon, mais aussi les enseignements tirés de ses erreurs.

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