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Nouvelles du terrain

12 novembre 2018

Production de vaccins sûrs au Vietnam : Couronnement de 20 années d'efforts du Japon pour transférer ses technologies

Au Vietnam, il est devenu possible de produire des vaccins sûrs et de haute qualité dont l'efficacité contre les maladies infectieuses a été prouvée.

Avec la coopération de Kitasato Daiichi Sankyo Vaccine Co., Ltd., l'un des principaux fabricants de vaccins du Japon, la JICA travaille depuis 20 ans sur des projets visant à renforcer la capacité du Vietnam à produire des vaccins.

La culture d'un virus atténué afin de produire un vaccin vivant requiert des compétences avancées. Cet article présente les longues années d'efforts incessants des experts japonais qui ont mené à bien les projets ainsi que l'histoire du Centre de recherche et de production de vaccins et produits biologiques (POLYVAC), l'agence vietnamienne chargée de la fabrication des vaccins.

PhotoDes techniciens vietnamiens fabriquent des vaccins.


Il est essentiel d'assurer l'implantation des techniques au niveau local

PhotoLe Centre de recherche et de production de vaccins et produits biologiques (POLYVAC) à Hanoï, la capitale du Vietnam

Les efforts de la JICA et de Kitasato Daiichi Sankyo Vaccine ont commencé à prendre forme en 2002, avec la construction d'installations dédiées à la fabrication de vaccins. Les premières tentatives de transfert des techniques de fabrication de vaccins contre la rougeole ont été menées en 2006, et la production du vaccin au Vietnam est devenue possible en 2010. Aujourd'hui, le vaccin est couramment utilisé pour les vaccinations de routine des nourrissons de 9 mois.

«Le transfert des techniques de production du vaccin contre la rougeole à un pays étranger a été notre première initiative de ce type. Le Vietnam ne disposant pas des mêmes produits de base et des mêmes installations que le Japon, j'étais un peu perdu au début», se souvient Tomio Lee, assistant du chef de projet et participant à l'aventure depuis près de 20 ans.


PhotoDes experts japonais, à droite, forment des techniciens du POLYVAC.

À travers un long processus d'essais et d'erreurs, les experts japonais ont optimisé les techniques japonaises pour les adapter à l'environnement vietnamien et ils ont consciencieusement enseigné à leurs homologues les méthodes de fabrication. Pour traduire avec précision les propos des experts, les interprètes vietnamiens ont créé leur propre dictionnaire des termes spécialisés liés à la fabrication des vaccins.

Shuzo Ishikawa, de la société Sakura Global Solutions, a coordonné le travail afin que le projet se déroule sans encombre. Il a notamment montré comment suivre rigoureusement les «Bonnes pratiques de fabrication des produits pharmaceutiques» établies par l'Organisation mondiale de la santé pour garantir la sûreté et la qualité des doses. M. Ishikawa a également dirigé la rédaction d'une fiche d'opération détaillée permettant aux techniciens vietnamiens de poursuivre la fabrication après la fin du projet. Il a proposé de nombreuses innovations pour mettre les techniciens locaux à niveau, notamment l'organisation d'une réunion quotidienne tous les matins et l'établissement de réunions hebdomadaires régulières pour confirmer le bon déroulement du travail et discuter de la façon de régler les problèmes éventuels.


PhotoLe chef de projet, Setsuo Arai, à droite, et l'assistant du chef de projet, Tomio Lee, troisième à droite, travaillant tous les deux pour Kitasato Daiichi Sankyo Vaccine, donnent des conseils techniques à POLYVAC.

«Nous les experts sommes en mesure de fabriquer le vaccin au Vietnam en utilisant des techniques japonaises. Mais nous devons avant tout nous assurer que ces techniques prendront racine au Vietnam», explique le chef de projet Setsuo Arai. Ces propos se sont avérés exacts lors de l'épidémie de rougeole qui a touché le Vietnam en 2013. Face à l'urgence, POLYVAC a fabriqué en seulement six mois la quantité de vaccins contre la rougeole que Kitasato Daiichi Sankyo Vaccine produit généralement en dix ans au Japon, parvenant ainsi à contenir la propagation de l'épidémie. Les experts japonais confiants s'accordent à dire que l'efficacité du projet qu'ils ont mené n'est plus à démontrer.


Tirer parti de la confiance établie pour transférer la technologie de production d'un vaccin combiné contre la rougeole et la rubéole

PhotoÉtude clinique du vaccin combiné contre la rougeole et la rubéole

La confiance et les attentes vis-à-vis de la technologie japonaise n'ont cessé de progresser et, en 2013, une nouvelle initiative portant sur la production d'un vaccin combiné contre la rougeole et la rubéole a été initiée. Le nombre de cas de rubéole au Vietnamien progressait alors plus vite que dans les pays voisins. Cette maladie ne touche pas uniquement les enfants. Si une femme enceinte attrape la rubéole, elle court le risque de donner naissance à un bébé souffrant d'anomalies congénitales. C'est pourquoi des mesures préventives ont dû être prises.

Durant la même période, un enfant avait perdu la vie après avoir reçu une dose de vaccin importée. Selon Yasuhiro Tsuchida, alors chargé de la gestion organisationnelle du projet : «L'utilisation de vaccins pour protéger les enfants qui sont le futur du pays n'est rien de moins que de la défense nationale. C'est pourquoi les Vietnamiens voulaient absolument produire eux-mêmes des vaccins de haute qualité.»


PhotoLe vaccin combiné contre la rougeole et la rubéole fabriqué par POLYVAC

De jeunes techniciens de POLYVAC ayant participé au transfert des technologies de fabrication du vaccin contre la rougeole sont devenus des responsables du département chargé de la fabrication des vaccins au moment où le vaccin combiné contre la rougeole et la rubéole est entré en production. Les experts japonais les ont accompagnés lors des différentes phases d'expérimentation garantissant l'efficacité de la production. Après avoir identifié les difficultés, ils ont rigoureusement suivi leurs méthodes respectives de résolution des problèmes, et la relation de confiance établie au fil des ans a permis au projet d'avancer. Puis, en mars 2017, le premier vaccin combiné contre la rougeole et la rubéole produit au Vietnam a été approuvé pour la vente par le gouvernement vietnamien. Il est déjà utilisé pour les vaccinations de routine.

Cette réussite a été saluée avec beaucoup de respect. Cette année, le projet a reçu le Prix du président de la JICA et le Prix de la santé publique (sponsorisé par Dai-Ichi Life Insurance Company et soutenu par le ministère de la Santé, du travail et des affaires sociales).


Des exportations vers les pays voisins envisagées pour prévenir les maladies infectieuses

Le Vietnam envisage dorénavant d'exporter vers les pays voisins les vaccins dont il a acquis les techniques de production dans le cadre du projet. Pour ce faire, il lui sera essentiel de continuer à maintenir un niveau de qualité conforme aux normes de l'OMS. Après la fin du projet en mai 2018, les experts japonais poursuivront leur soutien technique afin que le Vietnam puisse assurer sans discontinuité la fourniture stable de vaccins répondant aux critères demandés.

«Je souhaite que le Vietnam devienne l'un des premiers fournisseurs de vaccins en Asie. Je serais heureux si les graines que nous avons semées pouvaient bénéficier à de nombreux pays », confie M. Arai.

À n'en pas douter, experts japonais et techniciens vietnamiens ont tissé des liens durables.

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