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Nouvelles du terrain

11 décembre 2018

La conseillère senior de la JICA Keiko Osaki évoque la publication des lignes directrices de l'OMS sur les registres de santé maternelle et infantile à domicile

En septembre, l'Organisation mondiale de la santé a publié ses premières lignes directrices complètes sur les registres de santé maternelle et infantile à domicile, dont le carnet de santé maternelle et infantile (carnet SMI) est l'un des exemples.

Ces lignes directrices recommandent l'utilisation de registres de santé qui ont vocation à rester dans les familles. Plusieurs résultats de recherche ont montré que leur utilisation permettait aux mères et à leurs enfants de bénéficier de manière fiable des soins essentiels pour éviter les décès et vivre sainement. Avec ces lignes directrices, on peut dire que l'efficacité des registres de santé à domicile, comme les carnets SMI, obtient une reconnaissance internationale.

PhotoLa conseillère senior de la JICA, Keiko Osaki

«Je crois que cette reconnaissance est imputable à deux faits : Premièrement, lorsque la mère tient elle-même un registre de tout ce qui concerne la santé de son enfant, de la conception à la naissance et aux soins infantiles, en remplissant scrupuleusement un carnet SMI, son bébé et elle peuvent recevoir des soins appropriés. Deuxièmement, cela permet une amélioration concrète de la santé maternelle et infantile», explique la conseillère senior de l'Agence japonaise de coopération internationale (JICA), Keiko Osaki, chargée au sein de la JICA de l'introduction, de l'élaboration et de la mise en œuvre du carnet SMI dans les pays partenaires.

Mme Osaki a publié des articles sur les résultats de recherches menées sur les carnets SMI dans divers pays et elle a participé en tant que partenaire externe au comité de développement de ces lignes directrices, constitué d'experts en santé maternelle et infantile venus du monde entier. Elle a fourni des informations sur l'expérience de la JICA en matière d'introduction, d'élaboration et de mise en œuvre des carnets SMI.

«La JICA s'est exprimée lors de réunions internationales et d'autres événements pour faire progresser l'élaboration de lignes directrices sur les registres de santé à domicile avec divers intervenants d'organismes internationaux et de gouvernements nationaux», précise Mme Osaki.

L'importance de la continuité des soins de la grossesse jusqu'à la naissance, et de la période néonatale jusqu'à la petite enfance

PhotoUne «carte enfant» utilisée au Tadjikistan avant l'introduction du carnet SMI.

Dans presque tous les pays, il existe des registres à domicile, souvent sous différentes formes telles que des cartes ou des livrets, sur lesquels sont consignés des renseignements sur la grossesse, l'accouchement, et les soins post-partum, ainsi que les vaccinations et la nutrition des enfants. Cependant, le contenu et les formats diffèrent également d'un pays à l'autre, et il n'y a pas de consensus international sur un modèle standard de registre à domicile. Parfois, il y a pénurie, et «dans certains cas, lorsque les agents de santé manquent de fiches de soins prénatals, ils inscrivent simplement la date du prochain examen sur une page qu'ils déchirent et remettent à la femme enceinte», déplore Mme Osaki.

L'introduction et l'élaboration du carnet SMI dans plusieurs pays impliquent de regrouper en un seul les registres tenus séparément à domicile. La tendance à fusionner les registres contenant les renseignements sur la santé des mères et des enfants devrait progresser plus facilement grâce à la publication de ces lignes directrices. Si les registres sont réunis dans un seul et même carnet à domicile, ils peuvent être présentés à tout moment en cas d'examen, ce qui permet aux professionnels de santé de fournir plus facilement des soins continus à la mère et à l'enfant.

Pour rester en bonne santé tout au long de la vie, il est fondamental de pouvoir recevoir des soins continus durant cette période critique allant de la période fœtale à la petite enfance. Cela contribue à l'objectif de développement durable : «Donner les moyens de vivre une vie saine et promouvoir le bien-être de tous à tous les âges».

Développer un carnet SMI répondant aux caractéristiques spécifiques de chaque pays

Cela fait environ 20 ans que Mme Osaki a rejoint la JICA en tant qu'experte sur le projet visant à introduire, élaborer et promouvoir l'utilisation efficace du carnet SMI en Indonésie. Elle souhaitait travailler dans la coopération internationale dans le domaine de la santé et du point de vue des bénéficiaires. «Je ne pensais pas m'impliquer autant sur le carnet SMI», confie-t-elle.

En Indonésie, les mères et leurs familles manquaient de connaissances et de préparation pour la grossesse, l'accouchement et les soins infantiles, sans parler des lenteurs pour diagnostiquer d'éventuelles complications et du transport tardif des mères vers les établissements médicaux. Cette situation devait s'améliorer. C'est pourquoi «certaines parties du carnet SMI sont à remplir à l'avance pour préciser où l'accouchement aura lieu, qui amènera la mère à l'établissement médical et comment», explique Mme Osaki. Des recettes de plats pour bébé avec des ingrédients locaux sont également incluses. «Il ne s'agissait pas de simplement traduire le carnet SMI japonais».

PhotoLe carnet SMI indonésien comprend des explications illustrées sur la préparation de plats et la nutrition durant la grossesse.


En Indonésie, près de 5 millions de carnets SMI sont distribués chaque année. Une étude de 2010 confirme que les mères et les enfants qui utilisent le carnet ont un taux de recours plus élevé aux services de santé maternelle et infantile que ceux qui ne l'utilisent pas.


PhotoDes responsables gouvernementaux afghans participent à une formation sur l'introduction, l'élaboration et la mise en œuvre du carnet SMI. Mme Osaki est à droite.

«L'Indonésie a lancé une initiative pour partager son expérience du carnet SMI avec des pays qui créent le leur et s'engager dans un apprentissage mutuel avec eux. Je souhaite soutenir cette approche», précise-t-elle. Jusqu'à présent, des responsables de la santé maternelle et infantile de 14 pays – dont l'Afghanistan, l'Ouganda, le Kenya, le Tadjikistan, le Laos, le Vietnam, le Myanmar, la Palestine et le Timor-Est – ont participé à des formations en Indonésie.


Il ne suffit pas de les fabriquer et de les distribuer ; si personne ne les utilise, cela ne sert à rien

PhotoLa conseillère senior de la JICA, Keiko Osaki, à droite, en réunion avec le personnel d'un centre de santé publique chargé des soins de santé maternelle et infantile dans la province du Kalimantan occidental, en Indonésie.

«Lorsqu'un pays dit vouloir introduire le carnet SMI, je réponds toujours, «si vous vous contentez de les distribuer, ce n'est que du papier. Le gouvernement et les agents de santé sont-ils prêts à les utiliser ?» Mme Osaki souligne que le point critique avec le carnet SMI est d'inciter les responsables gouvernementaux et les agents de santé à réfléchir à la manière dont le carnet peut être utilisé pour améliorer les services de santé maternelle et infantile.

Lorsque Mme Osaki a été envoyée à deux reprises en tant qu'experte à long terme en Indonésie, elle est partie avec sa petite fille. Lorsqu'elle l'a emmenée à un examen de santé avec son carnet SMI indonésien, elle a été impressionnée par la qualité des services fournis par les agents de santé. «Ils ont tout expliqué parfaitement», a-t-elle pensé.

L'élaboration et l'introduction du carnet SMI pose la question de la création ou de la refonte d'une partie du système de soins de santé du pays, et il est parfois difficile de s'entendre avec les nombreuses parties prenantes, et je me suis souvent sentie à bout», se souvient Mme Osaki avec un sourire ironique. «Mais je suis toujours motivée de voir à quel point, dans tous les pays, les mères sont heureuses d'avoir leur carnet SMI».


PhotoLa conseillère senior de la JICA, Keiko Osaki, à gauche, demande à des mères indonésiennes si leur carnet SMI est facile à utiliser.


Profil
Keiko Osaki
Conseillère senior de la JICA (santé et médecine)
Née dans la préfecture de Kanagawa. Après avoir étudié la politique et l'économie des pays en développement à l'université, elle a souhaité travailler dans la coopération internationale dans le domaine des soins de santé et s'est spécialisée dans les sciences de santé internationale via des études de troisième cycle. En 1995, elle a commencé à participer aux efforts de la JICA pour élaborer et introduire les carnets SMI en Indonésie. La JICA fournit aujourd'hui une aide à l'élaboration, l'introduction et l'utilisation efficace des carnets SMI dans de nombreux pays dont l'Afghanistan, le Burundi et le Tadjikistan.

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