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Nouvelles du terrain

27 juin 2019

Nouvelles initiatives pour la chaîne de valeur alimentaire : Développement d'une technologie agricole économe en eau au Myanmar

Depuis 2011, plusieurs réformes pour la démocratisation et la redynamisation du marché ont été initiées au Myanmar. La JICA a soutenu non seulement le développement des infrastructures telles que les routes, les voies navigables et les installations électriques, mais aussi le développement agricole et rural.

PhotoUn champ de production de semences d'arachide de la station de recherche Nyaung Oo du département de recherche agricole. L'introduction d'un système d'arrosage a augmenté le rendement d'environ 90 % et stabilisé l'approvisionnement en semences.


La JICA a collaboré avec le ministère japonais de l'Agriculture, des forêts et de la pêche et l'Université de Tsukuba au cours des cinq dernières années et demie, depuis 2013, sur le projet de développement de technologies agricoles économes en eau dans la zone centrale aride (WSAT pour Water Saving Agriculture Technology). Dans la première phase du projet, des technologies adaptées à la région ont été développées. Dans un deuxième temps, les technologies ont été introduites auprès des agriculteurs grâce aux services de vulgarisation agricole dans la zone cible. Pour la troisième étape, des activités contribuant à la création d'une chaîne de valeur alimentaire (CVA) ont été menées. Le projet a donné de nombreux résultats, notamment la stabilisation et l'amélioration du rendement des cultures et des revenus agricoles, ainsi que l'établissement de négociations commerciales lors d'un événement inédit dans la région visant à créer des liens entre des entreprises.

À l'avenir, la JICA souhaite fournir une nouvelle aide dans le domaine alimentaire et agricole en établissant des chaînes de valeur alimentaires qui répondent aux besoins des pays en développement, notamment le Myanmar.

PhotoChaîne de valeur alimentaire (CVA) : Ce système conceptuel prend la forme d'une chaîne reliant la production agricole, la transformation, la distribution, la vente et la consommation sur le marché, avec une augmentation de la valeur ajoutée à chaque étape, ce qui génère des bénéfices plus importants répartis de manière plus équitable.


Au-delà des conseils techniques agricoles, une aide variée sur les moyens d'augmenter les bénéfices

PhotoEntretien avec des agriculteurs dans l'un des sites du projet (comté de Myingyan). Les sécheresses liées au réchauffement climatique dans la zone centrale aride du Myanmar s'intensifient. En réponse, il est devenu nécessaire d'introduire des variétés résistantes à la sécheresse et d'apporter des améliorations techniques aux méthodes agricoles traditionnelles.

Les régions de Mandalay et Magway sont situées au centre du Myanmar, au nord de la capitale Naypyidaw et à plusieurs centaines de kilomètres de Rangoun. Elles connaissent moins de précipitations annuelles que les autres régions et sont connues sous le nom de «zone centrale aride». Des cultures relativement résistantes à la sécheresse se sont développées dans cette zone, notamment l'arachide, le pois d'Angole et le sésame. Cependant, les modifications profondes des régimes de précipitations ont eu un lourd impact sur la stabilité des rendements et des bénéfices agricoles, engendrant des problèmes économiques pour de nombreux agriculteurs de la région.

Durant le projet WSAT, le ministère de l'Agriculture, de l'élevage et de l'irrigation (MAEI) du Myanmar et des experts de la JICA ont adopté une approche globale de ces problèmes, notamment en envoyant un expert pour former des agents de vulgarisation à la gestion de la qualité des semences et aux essais de germination des semences d'arachide, ainsi que pour sélectionner des variétés rentables et résistantes à la sécheresse.

Selon Shunji Segawa, du département du développement rural de la JICA : «Les agents de vulgarisation du MAEI postés à Nyaung Oo ont complètement remanié le système de formation en rédigeant des directives pour améliorer la transmission de l'information aux agriculteurs. Ces efforts ont permis de fournir des conseils adaptés aux besoins des agriculteurs. Par ailleurs, la plupart des objectifs fixés par le projet ont été atteints, notamment une augmentation moyenne du rendement de 12 % pour les cultures ciblées».

La première rencontre entre les entreprises a créé un changement de mentalité

PhotoSuite à une recommandation de la JICA, un événement a été organisé pour que les agriculteurs puissent rencontrer des propriétaires de restaurants et d'hôtels et parler de leurs besoins respectifs (au bureau de recherche agricole de Nyaung Oo).

À travers ces activités, une nouvelle mission a été identifiée.

Une rencontre entre professionnels autour du thème de l'agriculture a été organisée à Bagan, ancienne capitale du Myanmar, réputée pour abriter l'un des trois plus importants sites historiques du bouddhisme au monde, au milieu d'un paysage onirique parsemé d'innombrables stupas et temples. Les négociations, proposées par la mission d'étude de la JICA, portaient sur des produits tels que la tomate et la laitue, et elles ont réuni plus de 30 agriculteurs et cinq propriétaires d'hôtels et de restaurants qui ont pu entrer en contact et prendre connaissance de leurs besoins mutuels. Cet événement a marqué le début de ce que l'on peut appeler la première chaîne de valeur alimentaire (CVA) ancrée dans le territoire local.

Suite à une conférence donnée par le président de l'association des hôteliers et des restaurateurs sur le type de produits (catégorie, qualité, quantité, délais, etc.) demandés dans les hôtels et restaurants de Bagan, plusieurs groupes de producteurs ont commencé des négociations concrètes avec des professionnels du tourisme. Le lendemain, un restaurateur s'est rendu sur l'exploitation d'un producteur pour lui acheter deux chargements de choux, marquant ainsi le début d'une véritable collaboration d'affaires.

Au départ, les membres du MAEI étaient sceptiques vis-à-vis de cet événement. Mais après avoir constaté le succès de cette rencontre et ses retombées économiques locales, ils étaient bien déterminés à renouveler l'expérience plusieurs fois par an de leur propre initiative. L'événement a aussi aidé les producteurs à évaluer avec précision les besoins des hôtels et des restaurants sur les plans qualitatif, quantitatif et de la fréquence. Il a également permis aux producteurs de comprendre la nécessité de se regrouper et d'identifier les technologies dont ils ont besoin, tout en stimulant le dialogue avec le gouvernement local.

Les différents acteurs du projet n'étaient pas véritablement conscients de l'impact du développement de la CVA au tout début, mais dès qu'ils ont vu des résultats concrets, ils ont progressivement compris son importance. Makoto Inaba, spécialiste de la CVA et conseiller senior de la JICA, s'estime «confiant quant aux résultats, même s'il ne s'agit que d'une petite étape».

Établissement de la plateforme de la JICA pour l'alimentation et l'agriculture afin de renforcer la coopération agricole

Le projet WSAT n'est pas le seul exemple de coopération de la JICA au Myanmar. Des instituts de recherche et des entreprises privées japonais, ainsi que des OBNL de terrain se mobilisent autour de projets liés à l'agriculture menés en parallèle. Dans cette optique, l'industrie, le gouvernement et la recherche travaillent de concert pour tirer le meilleur parti de leurs atouts respectifs, tandis que les efforts de création d'un cadre de partage de l'information et de collaboration dans chaque domaine s'accélèrent depuis décembre 2017. En avril 2019, la JICA a lancé une plateforme pour l'alimentation et l'agriculture (JiPFA pour JICA Platform for Food and Agriculture) en tant que cadre pour renforcer la collaboration dans un large éventail de domaines, dont la CVA à l'échelle mondiale – notamment au Myanmar, en Indonésie et d'autres pays asiatiques, en Afrique, en Amérique Centrale et du Sud – afin d'atteindre les objectifs de développement durable (ODD).

PhotoDe nombreuses personnes ont été invitées au lancement de la plateforme de la JICA pour l'alimentation et l'agriculture.

Lors du lancement de la plateforme, le 25 avril 2019, les entreprises participantes ont exprimé leurs attentes vis-à-vis du projet : «Pour mener à bien des projets alimentaires et agricoles partout dans le monde, il est très souvent nécessaire de connaître l'environnement des affaires et les obstacles juridiques propres à chaque pays et région. Nous espérons que cette plateforme nous aidera à partager les solutions spécifiques et concevoir des formations pratiques pour notre personnel».

Des newsletters et des événements réguliers sont prévus pour partager les informations et les expériences. La JiPFA sera également dotée de sous-comités par régions, pays, domaines et types de culture pour accélérer la création de projets collaboratifs et d'activités conjointes entre les parties intéressées.

Le directeur général du département du développement rural de la JICA, Kenichi Shishido, a exprimé son enthousiasme en déclarant : «Il y a déjà plus de 130 groupes et entreprises participant à la plateforme. Pour contribuer à la réalisation de l'ODD n° 2 "Faim zéro" dans les pays en développement, nous utiliserons les atouts de chaque participant tout en édifiant un cadre de collaboration plus solide».

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