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Nouvelles du terrain

22 août 2019

VERS LA TICAD 7 : «L'Afrique et moi» Partie 9 – Explorer le potentiel de la STI (la science, la technologie, et l'innovation) au Nigéria : Hideki Watanabe, membre du département de l'Afrique de la JICA

L'innovation devrait être l'un des thèmes majeurs de la septième conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD 7) organisée à Yokohama à partir du 28 août. Le Nigéria, première puissance démographique du continent africain, examine le potentiel d'une coopération au développement axée sur la STI (la science, la technologie, et l'innovation). Le gouvernement nigérian et le secteur privé organisent des «idéathons» sur la STI. Ces événements ont pour but de faire naître et de perfectionner des idées à travers des débats et des discussions en un temps limité. La JICA soutient cette initiative afin d'améliorer les services publics.

PhotoM. Watanabe évoque la situation de l'Afrique lors de l'idéathon de Tokyo (juin 2018).

Pour le neuvième article de notre série intitulée VERS LA TICAD 7 : «L'Afrique et moi», nous avons discuté avec Hideki Watanabe, membre de l'équipe STI de la JICA, des possibilités offertes par la participation des start-ups nigérianes aux idéathons et du rôle de la STI dans leur développement.


La STI peut apporter des solutions aux problèmes sociaux

PhotoL'idéathon organisé dans la capitale nigériane, Abuja, en mai 2019. Des représentants du gouvernement et de plusieurs entreprises discutent des problèmes d'eau du Nigéria.


«Le Nigéria a le PIB le plus élevé d'Afrique et une population d'environ 185 millions d'habitants. Mais il arrive aussi en tête du classement des pays comptant le plus grand nombre de démunis dans le monde, avec 87 millions de personnes vivant dans la pauvreté (selon CNN, 2018). L'avenir de l'Afrique passe inévitablement par la résolution des problèmes du Nigéria. Le secteur privé nigérian semble être en bonne voie, la première licorne* africaine, Jumia (l'équivalent d'Amazon) est entrée à la Bourse de New York en avril 2019, tandis que Kobo 360 (un Uber pour camions) a déjà effectué plusieurs levées de fonds. Les entreprises privées nigérianes sont particulièrement dynamiques, notamment les start-ups», explique M. Watanabe.

* Une licorne est une entreprise de moins de dix ans valorisée à plus d'un milliard de dollars et non cotée en Bourse.

La JICA et le gouvernement nigérian ont co-organisé en mai 2019 au Nigéria le «Nigeria Open Innovation Challenge», un idéathon visant à promouvoir la STI auprès des start-ups pour améliorer les services publics existants. C'était le premier partenariat public-privé de ce type entrepris par la JICA. M. Watanabe a conçu la structure et le thème de l'idéathon en coopération avec le bureau de la JICA au Nigéria. L'événement a permis de faire émerger les idées du secteur privé concernant «les moyens d'améliorer la collecte des frais d'utilisation de l'eau», un problème fréquemment rencontré par les services des eaux.

«Nous avons décidé de nous concentrer sur le secteur de l'eau durant cette session. Ce secteur a un fort potentiel de mobilisation des technologies numériques, mais le chemin à parcourir est encore long. Dans certains cas, les compteurs n'ont même pas été installés. Les problèmes sont légion ! Mais si cet idéathon se passe bien, le système de tarification nigérian pourrait être encore plus avancé que celui du Japon».

Mobiliser le secteur privé pour stimuler l'innovation

M. Watanabe a commencé à réfléchir autour de l'idéathon en tant que «forum incluant le secteur privé» vers 2016. Fort de son expérience en Éthiopie, dont la population dépasse également les 100 millions d'habitants, il recherchait un outil de coopération internationale efficace.

PhotoEspace de coworking à Abuja, au Nigéria. Des «tech hubs» – espaces où experts techniques et entrepreneurs peuvent partager des informations et travailler ensemble – ont été aménagés dans plus de 55 lieux au Nigéria.

À l'époque, «nous pensions que ce n'était pas dans cette direction que la JICA devait s'engager», se souvient-il. Les choses ont commencé à évoluer peu après, lorsque le secteur rwandais des TIC (technologies de l'information et des communications) a décollé. Cela a suscité beaucoup d'intérêt et le secteur privé s'est tourné vers la TICAD et l'innovation.

«En Afrique, de nouvelles entreprises innovantes apparaissent chaque jour dans le domaine des paiements électroniques, du commerce en ligne, et même du transport de matériel médical par drones. Cela stimule l'économie tout en contribuant à résoudre des problèmes sociaux. Simultanément, l'Afrique a besoin de ces technologies numériques pour se projeter dans le monde développé à une vitesse bien supérieure à celle des nations avancées. Pour atteindre les ODD, nous avons besoin d'aller plus vite et plus loin, et je suis convaincu que nous pouvons y arriver grâce à la STI.»

La STI offre une chance aux start-ups de créer un éventail de services uniques. «J'ai la conviction que l'idéathon, en ouvrant la porte au secteur privé, pourra générer des opportunités commerciales et des innovations sociales», affirme M. Watanabe.

«La JICA doit sans cesse penser à de nouveaux moyens de déployer son aide. Aujourd'hui, près de 12 millions de jeunes entrent chaque année sur le marché du travail (selon une enquête de la BAfD en 2015), et parmi eux, plus d'un tiers sont au chômage (selon un rapport de l'OIT en 2019). On attend beaucoup de la STI pour créer les emplois indispensables à la réduction de la pauvreté.»


L'Afrique comme moteur de la croissance mondiale – la JICA peut-elle créer un autre M-Pesa ?

PhotoLagos, ancienne capitale du Nigéria, est l'une des villes les plus dynamiques du monde. Si de nombreux gratte-ciel longent la baie, la ville abrite également le plus grand bidonville des côtes africaines. (Photo prise en août 2018)

M. Watanabe croit fortement au mariage de «la STI et l'Afrique», car la région dispose d'un immense potentiel.
«D'ici 2050, le Nigéria devrait devenir la troisième puissance démographique mondiale, après l'Inde et la Chine. Cela n'est peut-être pas évident vu du Japon, mais le monde s'intéresse de plus en plus au Nigéria.»

Les start-ups prolifèrent dans la Yabacon Valley (l'équivalent de la Silicon Valley), tandis que les films de Noriwood conquièrent un public de plus en plus large sur tout le continent africain.

«Il ne fait pas de doute que dans un avenir proche, le Nigéria, et l'Afrique dans son ensemble, seront un moteur de la croissance économique mondiale. La STI soutiendra cette croissance. Je suis certain que lors de la septième conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD 7) organisée dans les prochains jours à Yokohama, les innovations suscitées par la STI feront l'objet d'une attention encore plus vive qu'à Nairobi il y a trois ans. Le service de paiement mobile créé au Kenya et baptisé M-Pesa, un projet bien connu soutenu par le Département pour le développement international (DFID) du Royaume-Uni a changé en profondeur la société africaine. Je crois que la JICA peut accompagner la naissance du prochain M-Pesa et que la TICAD 7 pourrait être le point de départ de cette nouvelle aventure. Je suis heureux de jouer un rôle dans la création d'idées nouvelles et la circulation d'informations», confie M. Watanabe à la veille de la TICAD 7.


Profil
Hideki Watanabe
M. Watanabe a rejoint la JICA en 2004. Après avoir travaillé au bureau de la JICA en Éthiopie entre 2009 et 2011, il est entré à l'Institut de recherche de la JICA en tant que chercheur avant d'intégrer le département de l'Afrique. Il est actuellement responsable de l'audit des projets relatifs au Nigéria et à la STI. Il est né à Tokyo.

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