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Nouvelles du terrain

19 mai 2020

Réponse à l'épidémie de COVID-19 : Le MJIIT s'attaque au virus


L'Institut international de technologie Malaisie-Japon (MJIIT, note 1) s'attaque à l'épidémie de COVID-19 en Malaisie. La JICA soutient l'amélioration des capacités de recherche et les efforts de collaboration de l'Institut, notamment les partenariats université-gouvernement et la coopération industrie-université, depuis sa création en 2011. En première ligne sur le front de la crise sanitaire, anciens élèves et étudiants travaillent pour la protection des citoyens malaisiens. Ils développent des outils pour prévenir les infections en appliquant les connaissances acquises grâce à la coopération de la JICA.

PhotoShahrul (à droite), diplômé du MJIIT, travaille en première ligne pour aider les personnes infectées par le nouveau coronavirus.


(Note 1) Établissement universitaire installé sur le campus de Kuala Lumpur de l'Université technologique de Malaisie (UTM ou Universiti Teknologi Malaysia) en 2011, l'Institut international de technologie Malaisie-Japon (MJIIT ou Malaysia-Japan International Institute of Technology) dispense un enseignement en ingénierie basé sur la philosophie japonaise de l'éducation. Parallèlement à la modernisation des équipements grâce à un prêt d'APD entre 2011 et 2018, la JICA a lancé un projet de coopération technique en 2013 visant à améliorer la qualité de l'enseignement, renforcer la capacité de recherche et promouvoir la collaboration entre l'industrie et le monde universitaire.

Application des connaissances en matière de gestion des risques de catastrophe

Le 17 mai, la Malaisie comptait 6 894 cas de COVID-19, dont 113 décès (selon le site internet du ministère de la Santé). Grâce à l'ordonnance gouvernementale sur le contrôle des mouvements (MCO ou Movement Control Order), publiée le 18 mars, le bilan est bien moins lourd que les prévisions initiales de nombreux experts. (JP Morgan avait par exemple prédit le 23 mars que l'infection culminerait à 6 300 cas à la mi-avril). Pendant le confinement, les diplômés et les étudiants du master en gestion des risques de catastrophe (MDRM ou Master of Disaster Risk Management) du MJIIT ont joué un rôle actif sur le terrain.

PhotoLes zones affichent des codes couleur en fonction du niveau de risque pour faciliter la gestion et la communication avec les premiers intervenants.

«Grâce à la méthode de zonage enseignée par les professeurs japonais de ce programme de master, nous créons des cartes avec des codes couleur par zone en fonction du degré de risque. Cela a considérablement réduit le risque pour les services d'urgence sur le terrain», expliquent les lieutenants-colonels Syukri Bin Madonau et Rohizad Bin Hadli des forces de défense civile de Malaisie. Parallèlement à l'affectation du personnel d'urgence dans les zones rouges (soumises à des limitations de mobilité strictes en raison du nombre élevé de cas de COVID-19), les deux officiers ont organisé régulièrement des réunions pour tenir les chefs de police et les fonctionnaires locaux informés de l'évolution des conditions sur le terrain.

PhotoLe lieutenant-colonel Syukri Bin Madonau (extrême droite) des forces de défense civile de Malaisie mène une séance d'information.


«Nous appliquons les connaissances et les techniques apprises dans le cadre du MDRM, telles que les systèmes de commandement et de santé publique sur site», explique le Dr Shahrul Nizam Bin Ahmad Zamzari, médecin urgentiste à l'Université Sains Islam Malaisie (USIM ou Universiti Sains Islam Malaysia). Le docteur a participé au lancement de l'équipe d'opérations médicales d'urgence des forces de défense civile tout en menant des activités en première ligne, notamment le suivi médical du personnel des services d'urgence et la distribution de masques chirurgicaux. Il est également intervenu à la radio pour diffuser les méthodes de lutte contre le nouveau coronavirus auprès du grand public.

Le Dr MATSUURA Shohei, expert de la JICA et professeur associé invité au MJIIT, enseigne dans le cadre du programme du MDRM de l'Institut. Il observe que, «conjointement aux activités de réseautage des diplômés, les méthodologies analytiques et les outils de gestion des risques de catastrophe acquis grâce au programme ont aidé leurs agences respectives à répondre plus efficacement au nouveau coronavirus». Il ajoute que «les connaissances et les compétences acquises grâce au programme ont renforcé la confiance des diplômés pour lancer et diriger ces opérations en tant que professionnels de la gestion de catastrophes». Il espère que «les diplômés du MDRM qui travaillent dans divers secteurs tireront des leçons de cette expérience pour contribuer davantage au renforcement de la préparation et de la prévention des catastrophes en Malaisie».

Des outils d'assistance médicale pour prévenir l'infection

Le personnel académique et technique ainsi que les étudiants du MJIIT développent et produisent des outils d'assistance médicale pour lutter contre le nouveau coronavirus, au sein du Laboratoire de précision avancé qui a été créé grâce à la coopération du Japon.

PhotoCaisson de protection développé par le MJIIT

On compte parmi ces outils un caisson qui protège les travailleurs médicaux des infections transmises par les particules en suspension lorsqu'ils effectuent des procédures telles que des intubations endotrachéales. M. Hairul Lail, responsable de la fabrication au Laboratoire de précision avancé, explique : «Le caisson a déjà été testé dans un établissement médical renommé et son efficacité a été confirmée par le personnel de l'hôpital». Vingt-deux caissons de protection ont déjà été donnés à plusieurs hôpitaux. La production de ces appareils va être intensifiée pour répondre aux besoins des autres hôpitaux. En outre, d'autres activités de recherche et développement ont été menées avec les industries locales au centre MJIIT Sangaku Renkei (coopération industrie-université), dirigé par le Dr Zulhasuni Abdul Rahim.


Le MJIIT a également commencé à utiliser une machine de découpe laser à commande numérique (CNC ou computer numerical control) financée par le prêt japonais d'APD afin de produire des visières de protection conçues au laboratoire. Depuis le 28 mars, plus de 2 400 visières ont été fabriquées et données aux hôpitaux qui soignent des patients atteints de COVID-19.

PhotoVisières et caissons de protection livrés à la Croix-Rouge de Malaisie (à gauche) et le personnel du MJIIT qui les a livrés aux hôpitaux (à droite).


Étude du mécanisme de transmission de la COVID-19

En mars, l'Université technologique de Malaisie (UTM), lieu d'établissement du MJIIT, a annoncé le lancement de recherches conjointes avec un institut de recherche néerlandais sur la présence du coronavirus dans les eaux usées (note 2).


À l'heure actuelle, la principale voie d'infection du nouveau coronavirus serait les gouttelettes transmises entre les personnes en contact étroit, mais on suspecte également que le virus survive dans les eaux usées. Cette recherche vise à déterminer si le virus est présent, et à quel point, dans les eaux usées rejetées par les maisons et les hôpitaux, ainsi qu'à clarifier les mécanismes encore flous par lesquels il se propage et sa stabilité en milieu tropical.

Le Dr HARA Hirofumi, professeur associé au MJIIT et membre de ce groupe de recherche, explique pourquoi il est intéressant de mener ces recherches en Malaisie :

PhotoL'Institut international de technologie Malaisie-Japon, à Kuala Lumpur

«Bien que plusieurs virus grippaux soient saisonniers, des foyers de contamination de la COVID-19 ont été observés même sous les tropiques, et sa transmission ne semble pas être liée à la saison. Nous pensons que la collecte d'informations et de connaissances sur la survie du nouveau coronavirus dans les eaux usées de la Malaisie, un pays tropical, peut aider à prévoir les conditions qui affecteront l'hémisphère nord pendant l'été. La Malaisie est un endroit idéal pour mener de telles recherches en raison de sa diversité climatique et de son étendue géologique. Les résultats pourraient également être utiles pour prédire la transmission dans les zones suburbaines et métropolitaines ayant des climats différents.»


Le Dr OKANO Takasei, expert chargé du projet de coopération de la JICA avec le MJIIT, est impressionné par les résultats obtenus : «Les chercheurs et les diplômés de l'Institut ont réaffirmé l'importance de ce projet à travers leur coopération avec les institutions concernées dans la lutte contre le problème social d'envergure mondiale que représente la COVID-19». Il souhaite vivement la poursuite de cette coopération lorsque l'Institut fonctionnera de manière autonome après la fin du projet, en 2023.



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