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Nouvelles du terrain

28 janvier 2019

L'Afrique place ses espoirs dans l'économie bleue : Mettre les ressources océaniques au service de la croissance économique

Le concept d'économie bleue promeut une croissance économique durable fondée sur les ressources issues des océans, des cours d'eau et des lacs, et sur d'autres ressources liées à l'eau. L'idée de conjuguer développement et protection de l'environnement suscite une attention croissante en Afrique.

L'importance de l'économie bleue a été soulignée lors de la 6e conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD 6) organisée en 2016, car l'Afrique compte plus de 40 pays côtiers. Cette discussion s'est poursuivie lors de la conférence sur l'économie bleue durable qui s'est tenue en novembre 2018 à Nairobi, au Kenya. La JICA soutient l'économie bleue en Afrique via une coopération en faveur du développement de la pêche, du transport maritime et des infrastructures logistiques.

Envoi d'un expert en développement halieutique au Maroc, important producteur de poissons ; créer des moyens de subsistance stables pour les communautés de pêcheurs

PhotoVillage de pêcheurs sur le littoral marocain

Situé sur la façade atlantique, au nord-ouest de l'Afrique, le Maroc dispose d'abondantes ressources marines. C'est le premier producteur de poissons et le premier exportateur de produits de la pêche en Afrique. Ces produits, qui représentent environ 10 pour cent de la valeur totale des exportations marocaines, ont créé 660 000 emplois si l'on inclut les industries connexes. D'un autre côté, le Maroc compte un très grand nombre de petits pêcheurs dont la situation économique et sociale reste précaire.

«Le plus souvent, les pauvres des zones rurales deviennent pêcheurs faute d'autres possibilités d'emploi. Par ailleurs, par son apport d'éléments nutritifs et abordables dans l'alimentation quotidienne d'un individu, le poisson joue un rôle important pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle.»

C'est ce qu'explique Shunji Sugiyama, expert en développement halieutique détaché par la JICA en 2017 auprès du ministère marocain de l'Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts. Pour assurer une bonne gestion des ressources marines et un développement durable de la pêche, il soutient les efforts du ministère en faveur des petits pêcheurs et du développement de l'aquaculture. Il appuie également la coopération sud-sud du Maroc en direction des pays d'Afrique subsaharienne. Cette coopération sud-sud réalisée en partenariat avec la JICA permet au Maroc de partager ses expériences en matière de développement du secteur halieutique.

PhotoL'expert de la JICA Shunji Sugiyama interroge les habitants d'un village de pêcheurs au Maroc.

Au début de sa mission, M. Sugiyama s'est rendu plusieurs mois durant dans quelque 25 villages de pêcheurs pour appréhender la situation de ces communautés. Les pêcheurs lui ont confié les difficultés qui pèsent sur leurs moyens d'existence. «Si une blessure ou le mauvais temps nous empêchent d'aller pêcher, cela entraîne immédiatement un manque à gagner» et «Nous nous déplaçons souvent le long de la côte pour traquer les poissons, ce qui nous éloigne de chez nous.»

M. Sugiyama a rappelé la vulnérabilité des moyens d'existence des pêcheurs, tributaires des ressources naturelles : «Quand on parle de gestion des pêches, on a tendance à se focaliser sur les ‘poissons', mais il faut avant tout s'intéresser aux ‘populations' qui dépendent des ressources halieutiques pour vivre». Lors de sa visite, il a également observé certains signes de changements positifs comme la volonté des femmes et des jeunes de faire bouger les choses, ou encore l'émergence de nouvelles activités économiques dans les villages de pêcheurs. Il veillera à cultiver ces «graines du développement» pour qu'elles contribuent à diversifier et à stabiliser les moyens de subsistance des villages de pêcheurs.

Développement de la «porte d'entrée vers l'Afrique de l'Est» pour une croissance de qualité

PhotoLe nouveau terminal de conteneurs du port de Mombasa (premier plan)

L'économie bleue profitera des efforts soutenus déployés par la JICA pour améliorer les infrastructures portuaires et connexes. Grâce à l'aide sous forme de prêts et à la coopération technique de la JICA, un nouveau terminal de conteneurs a été achevé en mars 2016 dans le port de Mombasa ; l'objectif est de promouvoir les échanges commerciaux entre l'Afrique et le reste du monde.

«Porte d'entrée vers l'Afrique de l'Est», le port de Mombasa joue un rôle important pour le Kenya ainsi que pour les pays enclavés du corridor nord d'Afrique de l'Est, à savoir l'Ouganda, le Rwanda et le Soudan du Sud. Le terminal de conteneurs existant s'est retrouvé saturé au début des années 2000 suite à l'augmentation rapide du volume de fret (denrées alimentaires, pétrole, gaz naturel et autres marchandises), si bien que les navires devaient attendre en mer qu'un poste à quai se libère. Cela nuisait à la fluidité des opérations d'accostage, de déchargement et de chargement de leurs cargaisons.

La capacité de manutention de conteneurs du port de Mombasa s'est accrue avec ce nouveau terminal, et elle devrait atteindre 1,27 million d'EVP* par an. Le débit effectif est passé de 1,08 à 1,19 million d'EVP entre 2015 et 2017, augmentant ainsi d'environ 11 pour cent.

Keiko Sano, représentante résidente du Bureau de la JICA au Kenya, explique : «L'extension du port de Mombasa, en tant que porte d'entrée vers les pays enclavés, est vitale pour la croissance non seulement de l'Afrique de l'Est, mais aussi de tout le continent. Le développement du corridor doit donc faire l'objet d'une approche globale qui intègre l'arrière-pays.»

Pour les projets de cette ampleur, qui font intervenir de nombreuses régions et de nombreux acteurs, la mise en place d'un processus de sensibilisation continu permettant à la population d'avoir une bonne compréhension des projets constitue une étape essentielle. Selon les prévisions, la manutention de fret au port de Mombasa devrait dépasser 2 millions d'EVP par an d'ici 2022. Pour faire face à cette demande, la JICA continuera à soutenir l'extension des installations portuaires et du réseau routier afin d'améliorer la connectivité des pays enclavés.

PhotoRégion desservie par le port de Mombasa et le corridor nord, qui s'étend jusqu'aux pays enclavés d'Afrique de l'Est.


Plus de 170 pays et organismes ont participé à la conférence sur l'économie bleue durable en 2018

PhotoLe conseiller senior de la JICA Shunji Sugiyama (à gauche) fait une présentation.

Des représentants de plus de 170 pays et organismes internationaux ont assisté à la conférence sur l'économie bleue durable organisée à Nairobi en novembre 2018. Cet événement réparti sur trois jours était organisée par le Kenya, le Japon et le Canada. Des ministres de pays d'Asie, d'Océanie et d'Amérique latine, ainsi que le ministre d'Etat des Affaires étrangères du Japon, Masahisa Sato, figuraient parmi les participants.

Durant l'une des tables rondes thématiques, M. Sugiyama, conseiller senior de la JICA, a souligné que «Le secteur de la pêche offre un bon potentiel de création d'emplois lorsqu'il est intégré au tourisme et au développement des produits locaux.»

Lors d'une session plénière consacrée au transport maritime intelligent (smart shipping) et au développement portuaire, Masahiko Furuichi, conseiller senior de la JICA, a pris la parole et déclaré : «Avec l'accroissement du commerce maritime mondial, les ports qui sont au cœur de la chaîne d'approvisionnement mondiale sont confrontés à une forte congestion. L'amélioration de la connectivité entre les ports et l'arrière-pays grâce aux réseaux routiers et ferroviaires considérés dans leur globalité permettra de fluidifier l'évacuation des conteneurs, ce qui aura pour effet de désengorger les ports».

PhotoLors d'un événement parallèle à la conférence internationale sur l'économie bleue durable 2018, Tatsuya Nikai, membre de la JICA (au centre), présente les initiatives de la JICA au président kényan, Uhuru Kenyatta, qui visite le stand de la JICA.

Par ailleurs, la TICAD 7 qui se tiendra cette année au Japon s'intéressera au développement global de l'Afrique. La conférence sur l'économie bleue durable 2018 a insisté sur l'importance de l'économie bleue à l'approche de cette septième TICAD.

Les discussions relatives à l'économie bleue devraient s'accélérer.

* L'équivalent vingt pieds ou EVP est une unité de mesure définissant une longueur normalisée de 20 pieds pour les conteneurs, qui permet de comptabiliser les conteneurs quelle que soit leur taille.


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