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Événement

27 septembre 2017

Interview avec M. Hatem AMOR du CETIME/Projet KAIZEN, Industrie

Photo M. Hatem et M. Ikeda au CETIME

PhotoM. Hatem

C'est dans le Centre Technique des Industries Electriques et Mécaniques (CETIME), que M. Hatem AMOR nous a reçues pour nous parler de son expérience dans le « Projet d'Amélioration de la Qualité et de la Productivité KAIZEN »[1], et de ses impressions sur les japonais.

Le projet, dans sa 2ème phase, a commencé en 2016 pour une durée de 4 ans, et couvrira les secteurs des industries électriques et mécaniques, des industries chimiques et des industries textiles. Il vise à transmettre le savoir faire japonais en matière d'amélioration continue de la qualité et de la productivité, selon le concept KAIZEN, et permettra à 25 experts issus de 3 centres techniques (CETIME, CTC et CETTEX) et de l'Unité de Gestion du Programme National de Qualité (Ministère de l'Industrie), d'être habilités à devenir formateurs en la matière.


Autour d'un délicieux thé à la menthe, M. Hatem en compagnie de M. IKEDA, Chef du projet, a gentiment répondu à nos questions :

Comment a commencé votre relation avec la JICA ?

Je connaissais la JICA à travers ses différents projets en Tunisie, tels que le Pont de Radès-La Goulette, la Centrale électrique de Radès ou le projet de pêche, mais ma relation avec la JICA a commencé effectivement avec mon implication dans le projet KAIZEN.

Quelle idée aviez-vous sur la JICA et les japonais, avant de travailler dans le projet ?

La JICA n'est pas nouvelle pour moi, puisqu'elle a commencé sa coopération au CETIME depuis 2006 avec l'étude de Master Plan pour la promotion du concept KAIZEN dans les IME « industries mécaniques et Electriques ». J'ai toujours admiré le sérieux et le professionnalisme des japonais.

Connaissiez-vous l'approche KAIZEN et les autres méthodes de gestion de la qualité et de la productivité avant de travailler dans le projet ?

J'avais une idée générale sur ce concept à travers mes collègues qui étaient impliqués dans la première phase du projet qui a duré de 2009 à 2013, comme les 5 « S »[2] , ou le management visuel. Mais l'approche KAIZEN : TPS « Toyota Productivité System », TQM « Total Quality Management » et le TPM « Total Productivity Maintenance », je suis en train de m'en familiariser. D'ailleurs, en intégrant l'équipe du projet il y a un an, j'étais au niveau 1 sur 5 de la grille des compétences. Aujourd'hui, je suis au niveau 3 !

Comment évaluez-vous l'efficacité de ce concept ? Pensez-vous qu'il pourrait facilement être adopté dans toutes les entreprises tunisiennes ?

Le concept KAIZEN est un processus décisionnel ascendant qui met les ouvriers au cœur du processus d'amélioration. Les ouvriers sont les personnes clés qui font des propositions d'amélioration et de mise en œuvre. Dans les entreprises tunisiennes, ce concept est considéré comme contraire au style de gestion occidental suivi, dans lequel les solutions et les décisions sont principalement prises par la direction et les ouvriers sont tout simplement des exécutants. Pour adopter ce concept, je pense qu'il faudrait changer la mentalité de gestion dans les entreprises.

Avez-vous trouvé des difficultés à travailler avec les experts japonais ?

C'était facile pour moi d'intégrer l'équipe, puisque dans ma vie quotidienne je suis discipliné et bosseur. Avec mes collègues, nous entretenons une relation amicale et détendue avec les experts. Nous apprécions beaucoup l'esprit d'équipe, la rigueur et l'approche participative dans le travail.

Qu'est-ce qui vous a plu le plus dans le travail avec les experts ?

Dans mon activité, je travaille uniquement avec M. Katsutoshi IKEDA que je trouve professionnel et méticuleux dans son travail. La communication avec lui est très facile, ce qui a aidé à l'assimilation des connaissances.

Bien que je sois analyste en informatique depuis que j'ai intégré le CETIME, je suis passionné par ce nouveau travail qui me donne l'occasion de découvrir de nouveaux outils capables de faire beaucoup d'amélioration avec un moindre coût. En plus, mes visites aux entreprises enrichissent mes connaissances sur le secteur.

Selon vous, quels sont les points forts de la coopération japonaise ?

En ce qui concerne ce projet, je trouve que les points forts sont représentés dans sa conception qui touche plusieurs volets, passant par la formation technique des homologues tunisiens, l'assistance et l'appui des entreprises tunisiennes pour adopter le concept KAIZEN, les visites des entreprises japonaises par les homologues tunisiens, jusqu'à la création d'une structure organisationnelle pour l'amélioration de la productivité et de la qualité dans les entreprises tunisiennes.

PhotoEntreprise tunisienne appliquant la méthode KAIZEN


Est-ce que votre formation au Japon a eu quelque influence sur votre travail ?

La formation au Japon est un complément aux formations théorique en classe et pratique dans des entreprises tunisiennes. J'ai pu voir le mode de travail des entreprises japonaises et voir les techniques et les méthodes pour l'amélioration de la qualité et de la productivité. Ces connaissances que j'ai acquises me sont très utiles pour mieux promouvoir les outils et les méthodes pour l'amélioration de la productivité et la qualité dans les entreprises tunisiennes et améliorer mon processus de consulting actuel.

Même dans ma vie privée, j'applique les méthodes Kaizen avec mes enfants avec tout ce qui touche à l'ordre, l'organisation et la discipline !

PhotoM. Hatem en formation au Japon


Qu'est-ce qui a attiré le plus votre attention quand vous avez visité le Japon?

La visite à l'entreprise Toyota, qui a créé le système Kaizen, m'a beaucoup impressionnée. Des visites guidées sont organisées même aux écoliers pour leur apprendre les méthodes d'amélioration continue dès leur jeune âge.

Les deux semaines passées au Japon resteront à jamais gravées dans ma mémoire et le Japon restera toujours une destination de rêve. Je suis impressionné par la politesse des japonais, le respect de l'autre et du travail, la propreté, la discipline et l'hospitalité.

PhotoM. Hatem à la société Toyota


PhotoM. Ikeda, Chef du projet Kaizen

A la fin, M. IKEDA, le Chef du projet, et l'un des 6 experts affectés pour la mise en œuvre du projet s'est joint à M. Hatem pour nous exprimer ses points de vue :

Il nous révèle que 4 entreprises tunisiennes ont adopté le concept Kaizen, et sont en train de s'améliorer. Leurs chefs s'impliquent personnellement dans tout le processus, depuis la formation jusqu'à l'application des changements. C'est en étant convaincus de l'utilité du processus, que ces chefs d'entreprises réussissent à appliquer le concept et à achever des résultats tangibles. Même les ouvriers acceptent les changements qui améliorent sensiblement leur environnement de travail.

Notre ambition est de répandre ce concept dans toutes les entreprises tunisiennes pour une amélioration continue de la productivité, et ce, à travers la création d'un centre Kaizen, comme c'est le cas au Japon. Je pense que le CETIME est en mesure de jouer ce rôle pour la continuité de ce projet.


Notes

[1]

« Projet d'Amélioration de la Qualité et de la Productivité KAIZEN »
Agence d'exécution Ministère de l'Industrie et des Petites et Moyennes Entreprises
Durée du Projet 2016 — 2019
Site du Projet Tunis
Objectif Un système d'exécution durable des activités d'amélioration de la qualité et de la productivité est établi et pratiqué dans les secteurs cibles

[2] Les 5 « S » est une technique de management de la qualité tirant son appellation des initiales de cinq opérations de base : Seiri (débarrasser) ; Seiton (ranger) ; Seiso (nettoyer) ; Seiketsu (ordonner) et Shitsuke (être rigoureux), indispensables pour rationaliser les tâches.

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